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Début 2005, un projet de liaison interstation entre Val Cenis et Termignon mobilisait les associations de protection de l'environnement. Elles ont été entendues ; la liaison n'a pas été autorisée. Mais le jeudi 15 décembre, un projet bis, quasiment identique, sera présenté à la commission UTN du Massif des Alpes.

« Article 1er : La liaison entre les stations de Val Cenis et Termignon et les extensions du domaine skiable comportant huit remontées mécaniques et leurs pistes ne sont pas autorisées. » Voici en tout cas ce que dit l'arrêté UTN pris le 22 avril 2005 par le préfet coordonnateur du Massif des Alpes. L'État a donc choisi d'assurer la continuité des décisions administratives antérieures, réfléchies et fondées sur des éléments objectifs et un parti d'équilibre, par lesquelles était assurée la préservation du patrimoine naturel de la forêt de l'Arc et des espaces d'altitude, dont la richesse biologique reconnue de longue date a été récemment confirmée par la découverte de la Laîche des glaciers, une espèce inconnue jusqu'alors sous ces latitudes.
Cela n'a évidemment pas eu l'heur de plaire aux promoteurs du projet, qui ont formulé un recours hiérarchique auprès du ministre de l'Urbanisme... Recours rejeté cet été. La liaison interstation Val Cenis-Termignon n'est donc pas autorisée.
Mais pour combien de temps ? Car chacun sait que ce qui n'est pas aménagé reste aménageable... Ainsi, le 15 décembre prochain, la commission UTN du Comité de Massif des Alpes aura à se repencher sur le dossier : les communes ont en effet présenté un projet bis, qui est la copie quasiment conforme du projet refusé... Seule modification : la suppression des deux remontées mécaniques côté Sollières. Concession formelle : n'offrant qu'un ski « de promenade », excentrées, non rentables, rien n'empêcherait le pétitionnaire de réaliser ces remontées plus tard à des fins publicitaires...
Au delà, ce projet Turra II ne répond en rien aux arguments de l'arrêté du préfet de Massif refusant le projet Turra I, pour quatre raisons principales : - équilibre économique du projet plus qu'incertain ; - impact environnemental considérable ; - mesure compensatoire inexistante ; - projet contraire aux prescriptions des arrêtés UTN antérieurs.
C'est pourquoi nous considérons que la continuité de la décision administrative depuis 1985 ne peut que conduire l'État à un nouveau refus, pour les mêmes raisons de fond que celles qui ont motivé l'arrêté du 22 avril 2005.
Si la déraison et l'égarement devaient prévaloir, et une autorisation accordée, alors nous pourrions désespérer de l'État. Mais nous ne doutons pas que la juridiction administrative saurait réformer une décision si contraire tant au fond qu'à la continuité historique de la position.
FRAPNA Savoie
Commission internationale pour la protection des Alpes (CIPRA-France)
Vivre en Maurienne
Fédération française des Clubs alpins et de montagne
Mountain Wilderness

Dessin Jean-Pierre Courtin ; photo V. Neirinck
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