Rencontre avec Serge Toprides Imprimer Envoyer
Lundi, 14 Mars 2005 01:00
Maire de Saint Christophe en Oisans





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Propos recueillis par Cathy Billaudel,
parus dans le numéro 61 (automne 2004) de la revue de Mountain Wilderness

Au printemps dernier, à l'occasion d'élections municipales partielles, la majorité du conseil municipal de Saint-Christophe-en-Oisans a été changée. Xavier Charpe en a tiré les conséquences et démissionné de l'exécutif municipal. Serge Toprides l'a remplacé.
Mountain Wilderness s'est toujours intéressée à ce qui se passe dans ce petit coin de montagne. Ainsi, nous présentions régulièrement dans ces colonnes l'avancée du projet de réhabilitation de la Bérarde, initié par Xavier Charpe.
Nous avons tenu à rencontrer le nouveau maire, qui est également moniteur de ski aux 2 Alpes et restaurateur à Saint-Christophe, pour discuter avec lui de l'orientation qu'il comptait donner à la politique communale en général, et de l'avenir de La Bérarde en particulier.



Mountain Wilderness : Vous ĂŞtes maire de Saint-Christophe-en-Oisans
depuis le 14 mai dernier. Comment voyez-vous votre commune par rapport Ă  sa situation exceptionnelle, haut lieu de l'alpinisme, une des principales portes du Parc national des Ecrins ?
Serge Toprides : Ah, le Parc... Historiquement, depuis 30 ans, date de création du Parc, tout s'est fait sans prendre l'avis de la population, sans concertation, sans partenariat. Les gens d'ici ont l'impression que l'on ne prend jamais leur avis. Nous avons la sensation, en exagérant un peu, que l'on ne voudrait pas que ça bouge. Et finalement, je pense que l'on aurait la même activité économique s'il n'y avait pas le Parc : ce sont les montagnes et la beauté du site qui font venir les gens, pas son statut.

MW : Même pour garantir la protection et donc l'intérêt des visiteurs en quête de nature, de ressourcement, et pour donner une image "parc", synonyme d'attrait pour les visiteurs ?
S.T. : Ce n'est pas seulement le Parc qui fait la protection de l'environnement. Je pense que, s'il y avait création d'un parc aujourd'hui, nous procéderions d'une autre façon, avec plus de concertation, de dialogue, sans forcément délimiter un territoire, mais plutôt en donnant des règles.

MW : Le dossier du déclassement de la Bérarde est actuellement dans les bureaux du Conseil d'Etat. Quelle est votre position vis-à-vis de ce grand projet ?
S.T. : Ce déclassement était une vraie occasion de prendre l'avis de la population. Malheureusement, cela n'a pas été le cas. La dimension humaine manque dans le processus. Nous avons des souhaits, mais si l'on n'est pas d'accord, on repart pour 10, 15 ans de procédure. Si le Conseil d'Etat valide le déclassement partiel des zones urbanisées, nous travaillerons déjà sur cet acquis en nous réservant le droit de modifier les aménagements finaux : parking, cheminements, accès pour camping-car, aménagement de la place, mise en place des bennes pour le tri sélectif... On améliorera les choses, on grappillera un peu. Et c'est vrai qu'actuellement, la Bérarde, c'est laid comme un camp de base.

MW : Et la maison de la montagne ?
S.T. : Nous souhaiterions aménager un bâtiment déjà existant plutôt que de bâtir une nouvelle maison de 100m2 au sol sur un étage et demi. Nous devons étudier les possibilités avec l'UCPA, le CAF, le Parc...

MW : Avez-vous d'autres projets sur la commune ?
S.T. : Je ne suis pas tout seul à présent pour gérer la commune. Nous sommes douze élus pour trois ans. Nous allons donc gérer tout ce qui est en cours, en tenant compte des besoins de chacun : finir les aménagements de route, l'enfouissement du réseau électrique, et initier une vraie réhabilitation au niveau architectural. Nous concentrons nos efforts sur la réalisation d'habitats permanents sur le hameau de l'Eyrette. Nous travaillons aussi sur un projet pour l'aménagement de l'hôtel des Ecrins, acquis il y a plusieurs années par la commune. Mais la préoccupation reste de faire venir des habitants permanents à Saint-Christophe. On vit bien ici !

MW : Les 2 Alpes sont proches, seriez-vous tenté par une liaison téléportée ?
S.T. : Non, non, il y a déjà un ascenseur à Venosc et cela suffit. Personnellement, pour aller travailler au 2 Alpes, je mets vingt minutes. Par contre, pour des raisons de sécurité (délestage de la station en cas d'évacuation urgente), on pourrait envisager une route de secours entre les 2 Alpes et Venosc.


La Bérarde : les travaux ont commencé

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Et il faut s'en réjouir ! Certes, la place est encore en chantier, mais la fontaine a déjà fière allure. Et le parking sous le hameau est quasi fini. L'amélioration saute déjà aux yeux, alors qu'est-ce que ce sera quand quelques bouleaux remplaceront les orties !
Par contre, motif d'inquiétude susceptible de remettre en cause notre soutien au déclassement partiel de la Réserve naturelle, les travaux du parking à l'entrée du camping semblent ne pas correspondre au projet initial. C'est pourtant au respect de ce projet, validé par l'accord cadre passé entre le Parc des Ecrins et la commune, qu'est conditionnée l'opération de déclassement. Nous aurons à nous prononcer très prochainement sur le sujet, le Comité de massif des Alpes ayant ce dossier au programme. On se renseigne et on vous tient au courant !
 

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