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Lamoura, c'est un village du Haut-Jura en bordure de la forĂȘt du Massacre. C'est l'un des plus grands sites d'Europe pour la pratique du ski nordique : plus de 200 km de pistes damĂ©es l'hiver sur le canton. Mouthe, commune du Parc naturel rĂ©gional du Haut-Jura, est la capitale de la « petite SibĂ©rie » ; elle dĂ©tient le record de la tempĂ©rature la plus basse jamais enregistrĂ©e en France (-36,7 °C en 1968). Les deux villages sont sĂ©parĂ© par les 76 kilomĂštres de pistes de ski de fond du parcours de la Transjurassienne. Faire « Lamoura-Mouthe », c'est participer Ă LA course mythique de ski de fond en France. Avec la Marcialonga italienne, la Finlandia-hiihto, la König-Ludwig-Lauf allemande, la Birkebeinerrennet amĂ©ricaine, et neuf autres courses rĂ©parties sur les cinq continents (dont la fameuse Vasaloppet suĂ©doise), la « Transju » constitue le circuit international des Worldloppet, sorte de championnat du monde des courses de ski de fond de longue distance. L'objectif de la Worldloppet : unir les marathons de ski dans les diffĂ©rents pays afin de les rendre plus visibles et plus populaires. C'est l'une des plus importante vitrine d'un sport « doux ».
Alors certes, tant de gens au mĂȘme moment, au mĂȘme endroit ne va pas sans des nuisances, d'autant que le parcours « historique » de la course, ainsi que les parcours de replis utilisĂ©s quand la neige fait dĂ©faut, traversent des sites habitĂ©s par le grand tĂ©tras, ce Tetraonidae qui fait l'objet depuis 2009 d' une stratĂ©gie nationale de conservation dĂ©cidĂ©e par le ministĂšre de l'Environnement. Certains de ces sites sont mĂȘme protĂ©gĂ©s par des APPB -ArrĂȘtĂ©s prĂ©fectoraux de protection de biotopes, une procĂ©dure simple qui permet aux prĂ©fets d'assurer la prĂ©servation des habitats des espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales protĂ©gĂ©es au plan national ou au plan rĂ©gional-, ou intĂ©grĂ©s dans le rĂ©seau NATURA 2000. La nĂ©cessitĂ© de prĂ©server cet oiseau emblĂ©matique en voie de disparition a conduit depuis quelques annĂ©es les organisateurs de la course Ă se rapprocher de l'association « Groupe TĂ©tras Jura » et de l'Office national des forĂȘts. L'organisateur s'est engagĂ© progressivement dans une dĂ©marche intĂ©grant la notion d'environnement et de « dĂ©veloppement durable ». Un dossier d'incidences NATURA 2000 a ainsi Ă©tĂ© Ă©laborĂ© cette annĂ©e, et envoyĂ© aux services dĂ©concentrĂ©s en charge de l'Environnement. Un certain nombre de rĂ©serves ont Ă©tĂ© Ă©mises, faisant craindre un temps que la cĂ©lĂšbre course ne puisse se dĂ©rouler. Les enjeux environnementaux de ce secteur imposent en effet une adaptation forte des tracĂ©s, mais aussi de l'encadrement lors de la traversĂ©es des zones protĂ©gĂ©es. Les organisateurs de ce type de manifestations en sont trĂšs souvent conscients (lire par exemple ici).
Les Jurassiens ont su intégrer les circuits courts pour les ravitaillements, ont joué la carte de la concertation ; les parcours empruntent des pistes tracées à l'année sur des routes goudronnées... In fine, un avis favorable a été rendu pour le parcours historique des 76 km entre Lamoura et Mouthe, ainsi que pour le parcours de repli passant par le massif du Risol.
L'exploitation du bois et le tourisme doux, basĂ© sur le ski de fond, la raquettes, le cyclisme, la marche nordique et la randonnĂ©e, le VTT, les promenades avec des chiens de traĂźneau, la gastronomie locale et l'hĂŽtellerie traditionnelle, sont les ressorts Ă©conomiques de ces communes du Jura. La Transjurassienne est en le symbole et l'un des moteurs. Nous sommes heureux qu'un accord ait pu ĂȘtre trouvĂ© cette annĂ©e. Nous sommes convaincus de l'intĂ©rĂȘt de ces rassemblements basĂ©s sur de pratiques sportives douces ; nous sommes aussi conscients des impacts potentiels de ces manifestions. La dynamique engagĂ©e autour de la Transju doit conduire Ă faire de cette Ă©tape du circuit Worldloppet un exemple d'intĂ©gration dans un territoire et dans une nature prĂ©servĂ©e, sur la base de critĂšres d'excellence.
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