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Loin d’être des « anti-stations », nous nous efforçons de maintenir un équilibre entre espaces aménagés et espaces naturels.

Pour cela nous nous mobilisons pour limiter l’extension irraisonnée des stations de ski et préserver les espaces libres situés en limite. Nous travaillons aussi à une meilleure prise en compte de l’environnement dans les domaines skiables, notamment en ce qui concerne l’enneigement artificiel.

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Une centrale photovoltaĂŻque en projet Ă  Lans-en-Vercors Imprimer Envoyer
Mardi, 27 Octobre 2009 14:53

par Nicolas Masson

En réponse à un appel d'offre lancé par le ministère de l'Environnement, à la suite du « Grenelle de l'environnement », la commune de Lans-en-Vercors (Isère) a présenté un projet de création d'une centrale photovoltaïque de 10 megawatts.

Cette centrale serait implantée dans un espace naturel, vers 1 200m d'altitude, à proximité du Col de la Croix-Perrin. Le site, proche de la route et d'une ligne électrique existante, est actuellement boisé et l'installation de la centrale (panneaux solaires et bâtiments techniques) nécessiterait de défricher 20 ha de forêt naturelle, classée en Zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique (Znieff) de type 2. Si cette surface est modeste à l'échelle de l'ensemble des forêts du Vercors, elle risque cependant d'avoir un impact paysager important. Les panneaux photovoltaïques, implantés, comme il se doit, sur un versant dégagé exposé au sud, seront visibles depuis toutes les hauteurs du Val de Lans.

Face à l'épuisement des ressources d'énergie fossile et à la menace planétaire que représentent les gaz à effet de serre, Mountain Wilderness France comprend la nécessité d'agir rapidement sur nos modes de consommation et de transformation d'énergie. Nous savons que les efforts doivent porter d'abord sur l'efficacité et la sobriété énergétique. Ensuite, pour ce qui est de la production massive d'énergie d'origine renouvelable, les territoires de montagne peuvent contribuer, avec le bois-énergie issu de forêts exploitées de manière supportable et la modernisation des centrales hydro-électriques sur les nombreuses portions de cours d'eau déjà artificialisés. En montagne, où l'intensité de l'insolation favorise leur rendement, les capteurs photovoltaïques sont plutôt une solution adaptée à la micro-production, pour l'alimentation de bâtiments isolés, refuges ou chalets d'alpage.

Mais l'opportunité d'une centrale photovoltaïque de taille industrielle dans un espace naturel de moyenne montagne est douteuse. La présence d'un « gisement solaire » exceptionnel, qui justifierait le choix de ce site particulier plutôt que de n'importe quel autre en France, n'est pas avérée à Lans-en-Vercors. L'appel d'offre national prévoit la création de 27 centrales en tout, sur l'ensemble du territoire français : leur place est certainement sur d'autres terrains, sans intérêt majeur écologique ou paysager, et plus proches des lieux de consommation.

Ainsi, au moment de peser globalement le pour et le contre de ce projet, face à un impact paysager et écologique important, on ne trouve finalement que l'effet d'aubaine financière pour une commune qui cherche à diversifier ses sources de revenus.
C'est pourquoi Mountain Wilderness France n'est pas favorable à la création d'une telle centrale photovoltaïque à Lans-en-Vercors. Nous rejoignons le Parc naturel régional du Vercors et la Frapna Isère qui se sont également prononcés contre ce projet.

 
Un rapport sur la neige artificielle met l'industrie du ski sur la sellette Imprimer Envoyer
Lundi, 19 Octobre 2009 10:15

ArtifSnow« Neige de culture : État des lieux et impacts environnementaux - Note socio-économique. » C'est le titre du rapport rendu cet été au Ministre de l'écologie et qui vient d'être mis à disposition sur le site du Conseil général de l'environnement et du développement durable. Ce rapport, commandé par la Secrétaire d'État à l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet en janvier 2008, répond à un souhait exprimé à de nombreuses reprises par les associations de protection de l'environnement (lire ici).

En deux parties, « La neige de culture : état des lieux et impacts environnementaux » et « La neige de culture : note socio-économique », les auteurs pointent la très mauvaise manière dont sont gérés les dossiers, mais aussi questionnent l'avenir du tourisme en montagne. Confortant les critiques faites de longue date par les associations, le rapport met en exergue le manque de données fiables sur les impacts environnementaux des équipements existants, notamment en ce qui concerne les prélèvements d'eau. La mission souligne ainsi que « les prélèvements peuvent modifier fortement le bilan ressource-usages en eau et devenir très sensibles localement et en période de pointe hivernale. » Elle demande aussi, ce qui constitue une autre de nos revendications, une instruction unique des dossiers et la prise en compte du volet « neige artificielle » dans l'évaluation environnementale des dossiers de demande d'autorisation d'Unités touristiques nouvelles (UTN).
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Et surtout, « la mission estime que l'heureux déroulement de la saison d'hiver 2008/2009 doit permettre aux exploitants de stations et à leurs élus, libérés, autant que faire se peut, du maximum de contraintes financières liées à leurs bilans, de re-dynamiser collectivement les travaux en cours sur la mutation indispensable du modèle actuel. »

Autrement dit, le rapport met les élus de montagne et les gestionnaires de domaines skiables devant leurs responsabilités, avec des préconisations dans la droite ligne, sur ce domaine particulier de l'enneigement artificiel, de ce qui est prévu par le projet de Directive territoriale d'aménagement (DTA) des Alpes du Nord : en résumé, un encadrement réglementaire strict des aménagements liés au ski alpin et le lancement d'urgence d'une stratégie de diversification économique.
L'Association nationale des maires de station de montagne (ANMSM) vient pourtant de demander le retrait de cette DTA, la neige artificielle étant l'un des motifs de leur rejet : « L'ANMSM rappelle [...] que la neige de culture est un élément indispensable à la sauvegarde et à la pérennité de l'activité économique des stations. La notion de « compatibilité des besoins en enneigement artificiel » avec « l'ensemble des besoins en eau et les enjeux de maintien de la biodiversité à l'échelle des vallées » introduit un principe nouveau dont l'appréciation et la mise en œuvre seront une source supplémentaire de contentieux et par conséquent de blocage de l'aménagement des domaines skiables en France, au détriment de leur compétitivité. »

La preuve est faite : on peut continuer à faire tous les rapports qu'on veut, à signer toutes les chartes de bonne conduite possibles et imaginables, l'évolution n'aura lieu que si élus et stations y sont contraints. La prise de conscience que permettra ce rapport devrait y contribuer, si toutefois le Conseil national de la montagne, dont le rapport préconise qu'il se saisisse de la question, n'enterre pas le sujet. Après tout, lui aussi est composé en majorité d'élus...

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« Neige de culture : État des lieux et impacts environnementaux - Note socio-économique. »
BADRE (Michel) ; PRIME (Jean-Louis) ; RIBIERE (Georges)
Conseil général de l'environnement et du développement durable, Paris, 2009 - 152 p, annexes, schémas

Résumé de l'étude :
La neige de culture est apparue en France il y a trente ans. Elle représente aujourd'hui 20 % de la surface du domaine skiable et ce chiffre augmente régulièrement et rapidement. En effet, de palliatif conjoncturel, la neige de culture est maintenant considérée par les responsables de stations comme un équipement indispensable pour garantir la rentabilisation de lourds investissements. Le rapport analyse les impacts environnementaux de la neige de culture, précise les enjeux socio-économiques du tourisme de montagne qui en constituent le contexte et adresse quinze recommandations à l'attention des pouvoirs publics et des exploitants. Ces recommandations portent notamment sur l'amélioration de la collecte de données sur les prélèvements d'eau, sur la sécurité des retenues d'altitude, sur la mise en cohérence de l'application des réglementations, sur la réalisation d'un guide d'expertise technique et économique de la neige de culture et sur la mise en place, avec le Conseil national de la montagne, d'une réflexion stratégique sur la place de la neige de culture dans l'avenir d'un tourisme de montagne réellement durable.

L'étude est téléchargeable à partir du site Internet du CGEDD. Cliquez ici.

 
L'Association Nationale des maires de station de montagne : un double discours sur l'avenir des Alpes du Nord ! Imprimer Envoyer
Mercredi, 07 Octobre 2009 07:26

Communiqué de presse de CIPRA-France

Alors que l'association regroupant les 100 plus grandes stations de ski françaises promeut depuis 2 ans sa Charte pour le développement durable des stations, elle rejette en bloc le projet de Directive Territoriale des Alpes du Nord. La mise en oeuvre rapide de cette DTA s'impose pourtant pour un avenir durable des Alpes du Nord.

motion_ANMSMIl y a deux ans, l'ANMSM (Ski France) a lancé sa Charte nationale en faveur du développement durable dans les stations de montagne. CIPRA France avait accepté de participer à son Comité national de suivi, considérant que les options que pourraient prendre les stations dans ce cadre pourraient aboutir à des innovations allant dans le sens du développement durable.

Le projet de DTA « Alpes du Nord » est un texte d'application à la fois de la loi Montagne et de la Convention alpine. Cette dernière est un traité international signé par les 8 pays de l'Arc alpin, dont la France, qui trace les grandes lignes d'un avenir raisonné et soutenable pour les espaces et sociétés alpines.

Le Conseil d'Administration du 29 juillet 2009 de l'ANMSM a publié une motion s'opposant au projet de DTA "Alpes du Nord" en avançant des positions qui vont à l'encontre de la Convention alpine et plus encore, à l'encontre de leur propre Charte.

Dans ces conditions, CIPRA France ne peut plus collaborer lettre_CIPRAà une opération qui perd toute crédibilité politique et opérationnelle, en s'approchant malheureusement d'une opération de marketing environnemental qui risque de porter préjudice aux stations les plus vertueuses et sincères dans leurs engagements.

Vous trouverez ici lettre ouverte que CIPRA France adresse au Président de l'ANMSM annonçant son retrait du Comité national et dénonçant le double langage de cette organisation.

Contacts :
Alexandre Mignotte, Directeur de CIPRA France, Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. , 04 76 48 17 46,
Patrick Le Vaguerèse, Président de CIPRA France, Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. , 06 82 32 07 53

 

La CIPRA, une organisation aux activités et aux visages multiples

La Commission Internationale pour la Protection des Alpes, la CIPRA, est une organisation faîtière non gouvernementale disposant de représentations nationales dans l'espace alpin. Elle regroupe plus de 100 associations et organisations dans sept pays alpins. Elle oeuvre pour un développement durable dans les Alpes et s'engage en faveur de la préservation du patrimoine culturel et naturel, de la sauvegarde de la diversité régional et de la proposition de solutions transfrontalières aux problèmes rencontrés dans l'espace alpin.
Mountain Wilderness France est membre de CIPRA France.

www.cipra.org

 
Carrière de Champfromier-Montanges : Mountain Wilderness France soutient les opposants Imprimer Envoyer
Mardi, 06 Octobre 2009 17:43

Champfromier et Montanges sont deux villages de l’Ain, situés dans le Parc naturel régional (PNR) du Haut-Jura, et dans la zone de production de l’appellation d’origine contrôlée (AOC) « Bleu de Gex ». Depuis plusieurs mois, un projet d’ouverture de carrière sur le territoire de ces deux communes mobilise l’opposition de  ceux qui pensent que d’autres activités économiques permettent à cette vallée de vivre, sans mettre en péril un environnement fragile.

 

Regroupés au sein du Sureau, ces derniers mettent en avant les atouts du lieu en matière agricole. Les fromages AOC Bleu de Gex, Morbiers et Comté sont une ressource importante pour les deux villages. La seule commune de Montanges produit, annuellement, 400 000 litres de lait. La zone compte également un producteur de viande sous label Ecocert (production biologique) et deux apiculteurs bénéficient du label du PNR.

 

Avec plus de 75 % de leur surface boisée, les deux collectivités locales disposent également d’une ressource qui mériterait d’être valorisée.

 

Par ailleurs, les atouts touristiques sont présents, avec une activité de canyonisme dans la Sandézanne, la pratique de l’escalade à Champfromier et un projet de sentier de randonnée le long de la Valserine.

Enfin, deux sites d’importance européenne sont également voisins, une Zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO) en rive gauche de la Valserine, et une zone Natura 2000 servant de réserve à une importante colonie de chauve-souris.

 

Ce sont toutes ces ressources, harmonieusement réparties dans la vallée de la Valserine, qui sont menacées par le projet de carrière. Ce dernier prévoit l’exploitation de 200 000 tonnes de roches par an, ce qui entraînera le passage de 80 camions par jour en plein centre du village de Montanges. Le paysage sera irrémédiablement défiguré, juste en contrebas de la Réserve naturelle de la Haute Chaîne du Jura.

 

Notre association a saisi l’occasion du renouvellement de la charte du PNR du Haut-Jura pour demander que celui-ci incite les collectivités locales à refuser de tels aménagements, à notre sens incompatibles avec le caractère d’un Parc naturel.

 

L’association Le Sureau participe à l’élaboration du Schéma de cohérence territorial (SCOT), dans lequel elle compte bien faire prendre en considération ses arguments. Mountain Wilderness France sera, bien entendu, aux côtés de ces opposants et entend faire la démonstration qu’il n’est pas nécessaire de détruire de vallées entières pour que l’on puisse vivre et travailler en montagne.

 
UTN de la Turra : un épilogue juridique qui remet en cause le fonctionnement des commissions UTN Imprimer Envoyer
Vendredi, 02 Octobre 2009 14:54

Le jugement du tribunal administratif de Grenoble déboutant les associations qui demandaient l'annulation de l'arrêté UTN (Unité touristique nouvelle) de la Turra vient d'être confirmé en appel. Cet arrêté autorise la liaison entre les stations de Val Cenis et Termignon. Cette décision hypothèque gravement le mode de fonctionnement actuel des commissions UTN. En effet, en jugeant qu'« Il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire qu'une décision d'autorisation de création d'une UTN devrait être conforme ou même seulement compatible avec des décisions d'autorisation antérieures », le tribunal nous indique clairement que les garanties de non expansion de domaines skiables inscrites par l'État dans certains arrêtés UTN, garanties qui résultent des débats en commission, n'ont aucune valeur. Ce qu'on déclare vouloir préserver aujourd'hui peut être aménagé demain, sauf à engager immédiatement la mise en place d'un dispositif de protection réglementaire. Or, trop de décisions formelles de l'État en matière de protection sont déjà différées sous la pression d'intérêts divers ou retardées faute de moyens d'instruction.

Mountain Wilderness France ne peut concevoir que ces décisions acquises n'aient soit pas de valeur légale, soit puissent être renégociées et servir de monnaie d'échange à toujours plus de projets d'aménagement. Cette décision rend plus que jamais urgente et indispensable la mise en œuvre de la Directive territoriale d'aménagement des Alpes du Nord : sa mise en application rendrait à la loi montagne (qui a instauré le processus des UTN) son véritable rôle d'aménagement et de protection du territoire. Les grands équilibres de la montagne dont cette loi garantit la conservation ont été et sont encore mis à mal en permanence par des préfet de massif, des élus et des tribunaux, qui ne veulent retenir que le côté « aménagement » de la loi. Rappelons que cette DTA prévoit entre autre de « restructurer les domaines skiables à l'intérieur des périmètres existants et évaluer les projets à la lumière de leur impact environnemental, à l'échelle des sous-massifs », mais aussi, conformément aux engagements pris par la France lors de la ratification du protocole « Tourisme » de la Convention Alpine, la création de zones de tranquillité : « [...] où l'on renonce aux aménagements touristiques ».

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