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© Gonzalo Ossa

Un Week-end au Mont-Blanc

20 juin 2014

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Le monde associatif de la montagne s’est réuni à Chamonix le WE dernier, à l’occasion des assemblées générales de Mountain Wilderness International et de proMont-Blanc (le collectif des associations pour la protection du Mont-Blanc).
Au-delà des travaux statuaires, nos associations ont tenus à mettre en lumière leur engagement pour la protection du massif du Mont-Blanc, et leur attachement à la préservation d’espace de wilderness dans le massif, mais aussi dans toutes les montagnes de France.

La wilderness m’a construit

La wilderness, ce sont ces espaces que Samivel évoquait ainsi : « Il existe un monde d’espace, d’eau libre, de bêtes naïves où brille encore la jeunesse du monde et il dépend de nous, et de nous seuls qu’il survive... »
Christophe Dumarest, Yoann Joly, Bernard Amy, François Labande, Carlo Alberto Pinelli, Sébastien de Sainte-Marie, Claude Eckhardt et Caroline North : huit alpinistes de tous âges sont venus évoquer leur rapport au milieu montagnard et expliquer en quoi la pratique de l’alpinisme dans des milieux préservés avait contribué à faire d’eux des êtres humains bien vivants. Ces jeunes, ces très jeunes et ces moins jeunes alpinistes, certains guides, d’autres adoubés par leurs pairs au sein des prestigieux Groupe de Haute Montagne, Union internationale des associations d’alpinisme ou Club alpin académique italien, ont montré à quel point la confrontation avec la nature sauvage comptait dans leur vie, leur avait permis de s’affirmer comme personne, de se reconstruire après un accident, de trouver dans un alpinisme "apaisé" le plaisir des grands paysages et de la camaraderie de la cordée.

Ils ont parlé aussi des difficultés à la trouver, parfois, cette wilderness, dans nos montagnes trop construites, les obligeant parfois, paradoxe, à courir au bout du monde trouver la tranquillité. En témoigne le récit de ce bivouac en face Nord de l’Eiger, à la lumière dansante et dans le bruit des dameuses aux pieds de la face. Ils ont aussi dit le plaisir du bivouac au sommet d’un montagne facile, au cour d’un parc national, accompagné d’un petit fils émerveillé. Et ont tous souhaité que d’autres générations puissent elles aussi connaître ces bonheurs !
- Découvrez leurs témoignages dans le dossier rétrospectif PDF - 3.8 Mo Rassemblements au pied du Mont-Blanc

Le Mont-Blanc demain

Connaître ces bonheurs dans le massif du Mont-Blanc, c’était le thème d’une autre des rencontres du week-end.
Les « Rencontres citoyennes pour le Mont-Blanc » ont permis de faire le point et d’engager des pistes d’avenir pragmatiques pour le massif autour des thèmes : "Mont-Blanc nature", "Peut-on tout faire au Mont-Blanc ?" et "Le Mont-Blanc demain".
Le débat, animé par le journaliste François Carrel à réuni Francis Bianchi, sous-préfet de Bonneville, Claude Comet, conseillère régionale en charge du tourisme et de la montagne, Nicolas Evrard, représentant des élus de l’Espace Mont-Blanc, Claude Jacot, élu à Chamonix, Barbara Ehringhaus, présidente de proMont-Blanc, Simon Métral (ARSMB), Alexis Bailly (Club alpin suisse), Jean-Christophe Poupet (WWF/proMont-Blanc), Bernard Marclay et Vincent Neirinck (MWFrance/proMont-Blanc). Nadine Mordant, commissaire de massif des Alpes était représentée.

Le premier enjeu de ces rencontres : faire connaître de tous les travaux menés actuellement au sein de l’Espace Mont-Blanc pour doter le massif d’un plan de gestion tri national, connu sous le nom le label de « stratégie d’avenir », garant d’une politique cohérente prenant en compte les grands enjeux sur l’ensemble du massif. Le deuxième était que chacun, représentants des collectivités, de l’État, des associations, puisse exprimer ses ambitions pour le massif. Ça a été le cas. Retenons par exemple que tous se sont accordés pour dire que des limites avaient été dépassé dans l’aménagement, dans les atteintes portées à l’environnement. Que le Mont-Blanc restait cependant un enjeu majeur, naturel, mais aussi d’aménagement du territoire, d’espace de vie. Retenons encore les mots de M. le sous-préfet, pour qui « le portage juridique [de la stratégie d’avenir] est assez mou » et qui souhaite que l’Espace Mont-Blanc se dote, comme il l’a annoncé, d’une structure juridique qui intègre la démocratie participative. Comme Barbara Ehringhaus, saluons que les rapports entre élus et associations soient passés d’une opposition frontale à une coopération constructive. Retenons enfin les mots de la Commissaire de massif pour qui « les grands objectifs environnementaux et de gestion touristique se retrouveront en effet, sans aucun doute, déclinés dans les actions de l’Espace Mont blanc où les challenges a relever sont d’une grande acuité et méritent l’engagement de tous les acteurs locaux, régionaux, interrégionaux (massif), nationaux. » Elle le considère, et tous étaient d’accord, « comme un espace européen de l’arc alpin majeur pour l’expérimentation et l’innovation. »

Dans la foulée de ces débats, MW International et proMont-Blanc ont adopté une motion invitant toutes les parties prenantes de ce territoire, à tous les échelons signalés par la Commissaire de Massif, à faire preuve d’une véritable ambition pour préserver ce massif exceptionnel, en s’investissant pleinement dans la « Stratégie d’avenir » et sa déclinaison en un plan d’actions qui prennent totalement en compte les grands enjeux environnementaux et de gestion touristique dans le cour du massif et ses vallées.
- Téléchargez la motion pour l’avenir du massif du mont-blanc

Sur le thème particulier de la gestion de l’espace aérien et des survols touristiques, nos associations ont demandé que soient prises sur l’ensemble du territoire du massif du Mont-Blanc des mesures similaires à celles en vigueur dans les parcs nationaux ou les réserves naturelles français de manière à ce que le massif, ses habitants et ses visiteurs puissent retrouver une quiétude à la mesure de ces paysages fabuleux.

A LIRE :

- Dossier PDF - 3.8 Mo Rassemblements au pied du Mont-Blanc

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