© Laure Scarzello

Mercantour : Plan Tendasque libéré de ses barbelés

Le 21 septembre, une trentaine de personnes, bénévoles et agents du Parc national du Mercantour, ont poursuivi le chantier débuté en 2018 au plan Tendasque, dans la vallée de la Roya. L’alpage a été débarrassé des barbelés qui constituaient la ligne de défense italienne au moment de la deuxième guerre mondiale. Il s’agit de la 22e opération Installations obsolètes menée en partenariat entre Mountain wilderness et le Parc national pour évacuer ces vestiges qui n’ont plus lieu d’être et constituent un danger pour la faune sauvage et les troupeaux. Près de 2 tonnes de ferrailles ont été collectées et seront évacuées par héliportage.

5 min de lecture
Mercantour
Installations Obsolètes

Écrit par le comité de rédaction

Publié le 24 sept. 2019

Au programme de ce chantier : barbelés rouillés à demi enterrés, queues de cochons fichées dans le sol ou bétonnées, épingles, barbelés en tas à reconditionner... Comme dans tout le Mercantour, ces éléments obsolètes constituaient les lignes de défense installées sur l’ensemble de la frontière par l’armée italienne (à l’époque où le territoire était italien).

Venus des Alpes-Maritimes, du Var, de la Drôme, d’Isère ou de Haute-Savoie, habitués ou nouvellement investis, les bénévoles se sont séparés en 2 équipes pour traiter les deux secteurs du plan Tendasque encore encombrés de barbelés. Sur ce site panoramique, sous la protection du Mont Bego, il a fallu de la motivation, de la patience, de la ténacité et de la bonne humeur pour extraire les lignes de barbelés, enfouies dans le sol, avec leurs supports métalliques.

L’enjeu de ces opérations est essentiellement la préservation du milieu et du paysage, mais aussi la sécurité de la faune, et notamment des chamois et des bouquetins, nombreux sur le secteur. Une étagne (bouquetin des Alpes) et son cabri nous ont rendu visite en fin de matinée, et nous ont observés pendant de longues minutes. Rappel qu’il s’agissait d’une zone militarisée, une grenade ancienne a été trouvée puis localisée afin d’être retirée ultérieurement en toute sécurité par des démineurs professionnels.

Du briefing au lever du jour jusqu’à la fin d’après-midi avec l’arrivée de la pluie, le travail a été intense. À la fin de cette grosse journée de travail, près de 2 tonnes de métal rouillé ont été rassemblées en 3 charges qui seront héliportées fin septembre puis recyclées par un ferrailleur. Le soir, de retour à Castérino, la fatigue de la journée se sentait, mais tous les participants avaient le sourire « d’avoir rendu un peu à la montagne ce qu’elle nous donne », d’avoir vécu une journée de bonne ambiance et d’esprit collectif pour libérer ce beau secteur de ses cicatrices du passé.

Même si la météo nous a contraint à annuler la randonnée prévue le dimanche, toutes et tous ont profité du samedi soir pour un moment convivial, d’échanges autour d’un apéritif offert par le Parc.

En quelques chiffres

  • Opération 2019 : 28 participants, 1 journée, 2 tonnes de ferraille évacuée.
  • Depuis 2002 : Grâce plus de 1 000 participants avec et au sein du Parc national du Mercantour ce sont plus de 184 tonnes de ferrailles qui ont été retirées.
  • 60 journées sur le terrain dans les différents secteurs du Parc ont été nécessaires pour réaliser ce travail. Avant de pouvoir intervenir sur le terrain, un chantier demande des mois de travail de préparation.
© Noelle Fabry
© Noelle Fabry
© Francine Brondex

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