En 1940, les défenses de la Baisse de Saint-Véran furent juste terminées par l’armée française, composés d’un blockhaus, d’abris en tôles « Métro » pour l’infanterie et l’artillerie. En septembre 1944, l’ouvrage fut renforcé par les allemands qui occupent toute la chaîne de l’Authion. Début avril 1945 les alliés lancent une offensive sur le massif où se déroule de terribles combats. Dans la nuit du 12 au 13 avril 1945, les allemands évacuent la baisse.
Lorsque la petite équipe arrive sur les lieux, les traces de ces combats sont encore visibles. Des tôles portent encore les déchirures des obus. Vestiges de moments troublés dans cet univers de sérénité. Posées encore en équilibre sur leur socle, la soixantaine de tôles assemblées entre elles pour former un tunnel d’acier menaçait la sécurité des amoureux de ces lieux. Dans la matinée fraîche, les tôles sont déboîtées en tirant avec des cordes. Peu à peu, dans l’immensité des lieux, le point noir disparaît.
Sous la baisse, un enchevêtrement de tôles se trouve coincé sous un bloc de pierres maçonné de trois tonnes. C’est sous les coups de la masse et de la barre à mine que se brise, à grande peine, le bloc pour enfin dégager les vingt dernières tôles prises dans la terre et les éboulis.
Juste le temps de boucler les charges et de nettoyer le site de ses « ronces d’acier » avant l’arrivée de l’hélicoptère.
Profitant de la présence de l’hélicoptère, trois anciennes charges, en attente, sont évacuées : des tôles de l’ancienne cabane du cayre de la Pia, un cocon de barbelés avec des tôles et des poutrelles en ciment à la Baisse de Cavaline, un wagonnet de mine, un reste de moteur et des tôles sous la baisse de Saint-Véran.
En tout, 5,3 tonnes de ferrailles sont ôtées à la douceur de ces lieux. Stockée sur la piste de ski du Camp d’Argent, à côté du gîte « l’Estive », la ferraille sera enlevée par le Service Environnement du Conseil Général des Alpes Maritimes.