Conscient de « l’impact visuel et écologique », le fils de l’ancien propriétaire de ces installations, monsieur Brille, également propriétaire du restaurant voisin a investi une partie des fonds dans la réalisation du chantier mais aussi entamé seul une partie du démontage de l’installation (le rail métallique destiné à acheminer les gens en haut de la piste).
« Ceci est la preuve qu’il y a un changement dans les mentalités et que les nouvelles générations commencent à voir les choses autrement » nous confie la responsable de la campagne Installations Obsolètes de MW sur le terrain, Carmen Grasmick. De nombreuses associations locales ont également manifesté leur volonté de participer à ce projet aux côtés du Parc et de MW : l’association locale du Club Vosgien, le CAF de Mulhouse, la Fédération Française du Milieu Montagnard mais aussi le syndicat mixte d’Aménagement du Markstein Grand Ballon (lequel gère les remontées mécaniques, le ski de fond et l’exploitation d’une nouvelle piste de luge sur le site voisin du Markstein), tous en participant physiquement à l’action et certains par l’apport d’un soutien matériel ou financier. Pour le Parc, cette restauration va dans le sens des objectifs de natura 2000 sur ce site des Hautes Vosges, il permet en outre de restituer un pâturage convenable à l’éleveur qui entretient la chaume.
Pour Joseph Peter, vice-président du Club Vosgien de Saint-Amarin, « ces actions permettent de rassembler différents acteurs tous motivés par un même objectif de respect de la montagne et d’intégration des différents projets et publics. Elles sont riches de rencontres et d’efficacité. A l’heure actuelle il devient primordial d’intégrer la protection de l’environnement à toute action de développement économique en montagne, ce qui n’est pas antinomique avec une action commerciale pertinente. »
En une journée, sous un soleil de plomb, une vingtaine de bénévoles de tous âges et de tous horizons (16 hommes et 4 femmes de 25 à 70 ans) sont donc venus à bout d’une centaine de plaques de fibre de verre de 40 à 80 kg à transporter pour leur évacuation en benne vers une déchetterie et du démontage et partage de châssis en ferraille. Au total pas moins de 11 tonnes de déchets (6t de fibre de verre et 5t de ferraille) ont disparu du paysage dans une ambiance très conviviale. La forte mobilisation locale était une des particularités très appréciée de ce chantier.
Les commerçants du col ont tous salué l’initiative avec beaucoup d’enthousiasme.
Un participant témoigne : « quelle satisfaction d’enlever cette horrible verrue du paysage qui polluait un site aussi exceptionnel que le Grand Ballon ! »
Cette action a également rencontré l’intérêt de la presse qui a bien relayé l’événement et des élus locaux (notamment le président du syndicat mixte du Markstein Grand Ballon et le maire de Murbach) qui se vont venus féliciter et encourager les bénévoles.
Outre l’impact visuel et environnemental évident de ce nettoyage, celui-ci donnera peut-être l’exemple pour d’autres projets similaires dans la région.
La journée de travail s’est achevée par la visite du site protégé du Grand Ballon commentée par le chargé de mission natura 2000 du Parc en charge de ce secteur (faune, flore, pastoralisme, histoire du paysage et de ses habitants), puis par un repas commun en ferme auberge.