© Lionel PEDRAZA

Appel à dons | Donner pour dénoncer le projet de retenue collinaire du sommet du Roc d'Aude

Dans les Pyrénées, paysages, écosystèmes et ressources en eau sont sinistrés par un aménagement dédié à la production artificielle de neige.

5 min de lecture
Pyrénées
Pyrénées-Orientales
Aménagement

Écrit par le comité de rédaction

Publié le 22 oct. 2026

Depuis septembre 2025, la commune des Angles, dans les Pyrénées Orientales, a engagé un vaste projet de réaménagement de son domaine skiable, comportant notamment, en différentes phases, le renforcement de sa capacité de production artificielle de neige et de stockage d’eau.

Recours juridiques déposés, pétition ayant rassemblé plus de 7500 soutiens, mobilisation sur le terrain qui a réuni près de 300 personnes : les citoyens et associations locales Bien vivre en Pyrénées catalanes, Bien vivre aux Angles, Frêne 66 et Charles Flahault, rejointes par Mountain Wilderness France, unissent leurs énergies pour défendre les précieuses ressources naturelles, écosystèmes remarquables et paysages de ce territoire.

Aménager au mépris du contexte environnemental et climatique

Porté par la municipalité des Angles, un échange entre plus de 34 hectares de forêts communales situées au-dessus du lac de Balcère contre 6 hectares de terrains appartenant à l'État situés entre le Roc d'Aude et le mont Llaret a permis la construction d'une retenue collinaire de 113 000 m3 au sommet du Roc d'Aude.

La commune des Angles a déjà recours de façon massive à l’enneigement artificiel : les deux tiers du domaine skiable, soit 57,4 hectares, sont couverts. Elle dispose déjà pour ce faire de deux usines de production de neige alimentées par deux retenues d’eau, l’une d’un volume de 13 000 m3, l’autre de 45 000 m3.

Ce projet aux impacts très lourds sur les paysages et écosystèmes du Capcir a entraîné la destruction de pelouses alpines, de zones humides et de tourbières d’altitude irremplaçables, sur une zone d’habitat du grand tétras, officiellement inscrit depuis septembre 2026 sur la liste des espèces protégées en France.

En outre, le territoire subit trois années consécutives de sécheresse. Aussi, le remplissage de cette retenue collinaire avec un pompage sur les réseaux d’eau potable, au lieu d’un ruissellement naturel comme le prévoit ce type de construction, présage d’une mise en tension supplémentaire sur une ressource en eau déjà très contrainte.

Ce projet d’aménagement et les impacts environnementaux associés sont les symptômes d’un entêtement à faire perdurer « quoi qu’il en coûte » la pratique d’une activité récréative associée à la neige ; un non-sens dans le contexte de dérèglement climatique et de disparition de la biodiversité.

© Jérôme Obiols
© Vincent Munier

Agir par la voie juridique pour dénoncer les irrégularités et faire jurisprudence

Différentes procédures administratives ont conduit à l’autorisation des travaux fin 2025. Notre collectif associatif a engagé depuis cinq recours administratifs et une requête en référé devant le Conseil d’État contre le permis d’aménager.

La stratégie contentieuse de nos associations articule deux volets : l'illégalité du permis d'aménager (absence d'étude d'impact, vice procédural, incompatibilité avec la charte du PNR) et celle de l'autorisation au titre de la loi sur l'eau (atteintes aux zones humides et à la ressource).

Nos associations contestent la légalité de l’arrêté du 8 octobre 2025 qui autorise l'aménagement pour absence d’étude d’impact environnemental et risques non évalués. En effet, les carences techniques et réglementaires compromettent la légitimité de la décision préfectorale.

La particularité de cet aménagement réside dans le fait que la retenue se trouve en dehors de l’enveloppe du domaine skiable existant, sur une croupe surplombant une vallée superbe, dans un site magnifique riche en faune et en flore de montagne. Des écosystèmes définitivement détruits alors même que la charte du Parc naturel régional des Pyrénées catalanes, signée par la commune des Angles, prévoit de « Maintenir les domaines de ski alpin dans les périmètres circonscrivant les aménagements existants. »

Alors qu’aucune date d'audience n’est actuellement fixée alors que les travaux d'aménagement de la retenue du roc d'Aude sont malheureusement déjà bien avancés : la zone a été défrichée, la cavité a été creusée et la bâche a été posée… Alors, pourquoi poursuivre nos recours ?

© Alan Mattingly | © Vincent Vlès

Votre soutien nous permet de poursuivre notre action

  • Nos associations demandent une interdiction de remplissage pour préserver la ressource en eau. 
    En effet, les systèmes d’approvisionnement en eau de la retenue n’ont pas encore été installés. Comme cela s'est produit pour la "bassine" de Sainte-Soline, nous pourrions obtenir un arrêt du projet.
  • Nos associations souhaitent que ce dossier fasse jurisprudence. 
    Obtenir des décisions de justice concernant les irrégularités permettrait que les autorisations pour ce type d’aménagement ne puissent être accordées.
  • Nos associations portent la voix des citoyens et du vivant. 
    Un projet fermement contesté entraîne nécessairement des conséquences sur des projets similaires. À titre d’exemple, à l'échelle locale, la création d'une retenue collinaire pour alimenter les canons à neige de la station du Cambre d'Aze, possiblement au pla du Cambre, est régulièrement évoquée.

Description des postes de dépenses

Aujourd’hui, nos associations s’unissent pour faire appel à la générosité publique, afin de poursuivre notre action en faveur des écosystèmes montagnards du Roc d’Aude et du massif du Capcir. Grâce à vos dons, nous pourrons mettre en œuvre notre plan d’action juridique :

Objectif 8 000€

Répartition postes de dépense

  • 80% : Frais juridique (avocat, provision en cas de pénalités juridiques)
  • 15% : Frais de gestion (collecte)
  • 5% : Frais de mission (déplacement, hébergement).

Bénéficiaires finaux de votre collecte

Votre don dans le cadre de cette action permet à nos associations de poursuivre leur mission et d'apporter un bénéfice positif sur :

  • La ressource en eau dans le secteur concerné par la retenue ;
  • Les paysages et écosystèmes montagnards qui seront préservés en cas de jurisprudence ;
  • Les habitants du territoire et tous les amoureux·ses des montagnes !

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