Le chapitre 3 occupe 34 pages et couvre pratiquement tous les domaines de l’économie, de la vie sociale et de l’environnement des Alpes du Nord. C’est, pris dans son ensemble, un document remarquablement courageux, qui tient très largement compte de la nécessaire protection de l’environnement.
Toutes les préconisations ne concernent pas notre association, mais certaines constituent une avancée sérieuse, et pourront utilement être invoquées dans notre action pour la montagne.
Parmi les points qui correspondent à des progrès que nous saluons, on trouve l’obligation de prévoir des coupures d’urbanisation, destinées à préserver les terres agricoles et le paysage, et maintenir les continuités biologiques. De même, les zones humides font l’objet d’une attention spéciale, la DTA interdisant, dans leur voisinage, tout projet ou opération risquant de les compromettre. Une carte indique les zones où la surface agricole ne pourra pas être réduite (notamment par des opérations d’urbanisation). L’annexe 1 liste un ensemble de sites pour lequel, s’ils sont vierges, tout équipement, aménagement ou urbanisation est interdit. Parmi ceux-ci, nombres de zones pour la protection desquelles Mountain Wilderness France se bat depuis des années : Vallon du Clou, chaîne des Aravis, massif de Belledonne...
L’exploitation des carrières va être fortement contrainte, puisque le texte prévoit sa limitation aux seuls sites déjà prévus avant la mise à l’enquête de la DTA.
L’utilisation des eaux, y compris pour la production de neige artificielle, devra être envisagée à l’échelle des bassins de captage (ce qui assure qu’une commune ne pourra décider seule de pomper l’eau pour ses canons à neige). Le texte prévoit que l’augmentation de la capacité d’accueil des communes soit appréciée à l’aune de la disponibilité en eau.
En matière de tourisme, les projets d’aménagements seront décidés à l’échelle d’un bassin d’offre touristique, ce qui devrait permettre de fortement limiter la course à l’aménagement des stations voisines. La construction devra se faire en zone déjà urbanisée, ce qui devrait renforcer la protection des espaces vierges. Le texte prévoit la restructuration des domaines skiables dans l’enveloppe existante, et que les extensions et interconnections doivent être l’exception (et voilà un futur chantier pour MW France, que de faire respecter ce caractère exceptionnel !).
Enfin la DTA fait référence aux Zones de tranquillité, prévues par la Convention alpine, et indique que, dans celles-ci et à proximité, les terrains de pratique des loisirs motorisés seront interdits. A nous de faire que la notion de proximité soit entendue dans son sens le plus large.
Du côté des transports, le texte prévoit qu’aucune nouvelle capacité routière de franchissement des Alpes ne sera mise en chantier. Pour l’accès aux stations, la priorité est donnée aux transports collectifs, et le document limite strictement l’augmentation de la capacité routière.
En conclusion, ce texte, s’il est adopté (aux alentours de l’été 2010), va donner quelques arguments de poids à ceux qui souhaitent ne pas laisser les Alpes du Nord livrées à la rapacité des aménageurs et aux fantasmes bétonneurs de certains élus locaux.