Mountain Wilderness co-porteuse du label « Site Rivières Sauvages » à Champagny-en-Vanoise

Ce samedi 19 septembre se tenait à Champagny-en-Vanoise (73) la fête de labellisation « Site Rivières Sauvages » du Remous. Mountain Wilderness y était en tant que co-porteuse de ce label qui valorise l’engagement des Champagnolais et la préservation du Remous, un torrent resté sauvage malgré sa proximité avec le domaine skiable, et un temps envisagé pour être équipé d’une microcentrale.

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Savoie
Espaces protégés

Écrit par le comité de rédaction

Publié le 29 oct. 2026

Mountain Wilderness renoue avec la préservation des eaux vives

Notre association s’est engagée dès les années 2000 en faveur de la sauvegarde des derniers espaces naturels d’eaux vives. La défense de la wilderness étant au cœur de notre action, il est parfaitement logique que cet engagement se poursuive avec le soutien à la démarche des « Sites Rivières Sauvages ».

Cette action correspond par ailleurs aux objectifs fixés par le Schéma Interrégional d’Aménagement et de développement du Massif Alpin (SIMA) : « Le massif doit donc œuvrer à la sauvegarde des derniers espaces naturels d’eaux "vivantes", […] lutter contre l’artificialisation des cours d’eau et préserver leurs fonctionnalités écologiques ».

Ces milieux aquatiques essentiels à la survie du vivant subissent pourtant la double pression des effets directs et indirects du changement climatique en montagne.

Des effets directs car le débit annuel moyen des torrents et rivières de montagne diminue ou diminuera sensiblement, et car la saisonnalité de leurs régimes hydrologiques sont ou seront bouleversées par la sécheresse estivale, la fonte des éventuels glaciers à l’amont et la diminution des précipitations solides en hiver.

Des effets indirects car la ressource en eau ainsi diminuée est ou sera convoitée par un nombre d’acteurs équivalent voire supérieur à l’actuel, et car l’injonction à la décarbonation de notre mix énergétique se traduit dans certains territoires par la multiplication du nombre de microcentrales hydroélectriques, et par l’équipement des derniers torrents sauvages.

Le changement climatique en montagne est ainsi à l’origine du paradoxe suivant : d’une part les torrents et rivières de montagne voient leur fonctionnement perturbé et leur fragilité accrue, d’autre part le choix de recourir à la construction de micro centrales pour contribuer à la transition énergétique s’ajoute aux pressions préexistantes.

Le Remous, jusqu’alors préservé malgré la proximité du domaine skiable de La Plagne et l’urbanisation de Champagny sur sa partie aval, était ainsi concerné par un projet de construction de microcentrale hydroélectrique. Un collectif d’habitant.es déterminé.es s’est alors constitué pour faire reconnaître l’immense richesse que représente Le Remous, et constituer une communauté autour de ce torrent.

Une vision sensible et un label exigeant

Le label « Site Rivières Sauvages » récompense les efforts d’un bassin versant pour la protection de leur rivière. Avec une note de 89/100 suite à l’analyse des 47 critères du label, le Remous mérite pleinement son titre de rivière sauvage. Evidemment, tout n’est pas parfait : dans la partie avale du Remous, la présence d’aménagements routiers et l’urbanisation dense du village de Champagny-en-Vanoise dégradent sensiblement son caractère sauvage. De nombreux points d’amélioration ont ainsi été identifiés, et seront intégrés au plan d’action. Il y a fort à parier que ces points noirs seront ainsi résorbés d’ici quelques années.

De la limitation des atteintes jusqu’à la restauration des milieux dégradés, la préservation des rivières sauvages est ainsi un travail de longue haleine. Grâce au label, les riverains vont même au-delà : en s’associant avec le groupe scolaire et des artistes, ils mettent en avant la vision sensible du cours d’eau qui sommeille en chacun de nous, bien qu’elle ne soit pas considérée par les porteurs de projets d’aménagements hydrauliques.

Un besoin de solidarité entre associations co-porteuses du label

Trois associations porteuses du label « Site Rivières Sauvages » étaient représentées ce samedi : l’association Remous Sauvage, co-porteuse du label sur le Remous ; l’association Nant Sauvage, co-porteuse du label sur le Nant Bénin ; l’association ADEO, co-porteuse du label sur le Rif Garcin. Puisque ces trois structures partagent un même objectif et des conditions de travail similaires pour l’atteindre, un des buts de la journée était de favoriser le partage entre ces associations. Les actions passées et à venir ainsi que les pistes de financement ou de dynamisation des collectifs ont ainsi fait l’objet d’échanges nourris.

Dans son tout premier bulletin, édité en 1980, l’association Vivre en Tarentaise lançait l’alerte : « […] attention à ce que nos torrents et ruisseaux ne finissent pas tous en tuyaux. » Malgré tout, cette mise en tuyaux continue : près de dix projets ont été portés en Tarentaise ces dernières années [liste en note de bas de page]. La synergie inter-associative est donc plus que jamais essentielle pour préserver nos derniers torrents sauvages.

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