Notre association s’est engagée dès les années 2000 en faveur de la sauvegarde des derniers espaces naturels d’eaux vives. La défense de la wilderness étant au cœur de notre action, il est parfaitement logique que cet engagement se poursuive avec le soutien à la démarche des « Sites Rivières Sauvages ».
Cette action correspond par ailleurs aux objectifs fixés par le Schéma Interrégional d’Aménagement et de développement du Massif Alpin (SIMA) : « Le massif doit donc œuvrer à la sauvegarde des derniers espaces naturels d’eaux "vivantes", […] lutter contre l’artificialisation des cours d’eau et préserver leurs fonctionnalités écologiques ».
Ces milieux aquatiques essentiels à la survie du vivant subissent pourtant la double pression des effets directs et indirects du changement climatique en montagne.
Des effets directs car le débit annuel moyen des torrents et rivières de montagne diminue ou diminuera sensiblement, et car la saisonnalité de leurs régimes hydrologiques sont ou seront bouleversées par la sécheresse estivale, la fonte des éventuels glaciers à l’amont et la diminution des précipitations solides en hiver.
Des effets indirects car la ressource en eau ainsi diminuée est ou sera convoitée par un nombre d’acteurs équivalent voire supérieur à l’actuel, et car l’injonction à la décarbonation de notre mix énergétique se traduit dans certains territoires par la multiplication du nombre de microcentrales hydroélectriques, et par l’équipement des derniers torrents sauvages.
Le changement climatique en montagne est ainsi à l’origine du paradoxe suivant : d’une part les torrents et rivières de montagne voient leur fonctionnement perturbé et leur fragilité accrue, d’autre part le choix de recourir à la construction de micro centrales pour contribuer à la transition énergétique s’ajoute aux pressions préexistantes.
Le Remous, jusqu’alors préservé malgré la proximité du domaine skiable de La Plagne et l’urbanisation de Champagny sur sa partie aval, était ainsi concerné par un projet de construction de microcentrale hydroélectrique. Un collectif d’habitant.es déterminé.es s’est alors constitué pour faire reconnaître l’immense richesse que représente Le Remous, et constituer une communauté autour de ce torrent.