Faire « Lamoura-Mouthe », c’est participer à LA course mythique de ski de fond en France.
Avec la Marcialonga italienne, la Finlandia-hiihto, la
König-Ludwig-Lauf allemande, la Birkebeinerrennet américaine, et neuf
autres courses réparties sur les cinq continents (dont la fameuse
Vasaloppet suédoise), la « Transju » constitue le circuit
international des Worldloppet, sorte de championnat du monde des courses
de ski de fond de longue distance. L’objectif de la
Worldloppet : unir les marathons de ski dans les différents pays afin de
les rendre plus visibles et plus populaires. C’est l’une des plus
importante vitrine d’un sport « doux ».
Alors certes, tant de gens au même moment, au même endroit ne va pas
sans des nuisances, d’autant que le parcours « historique » de la
course, ainsi que les parcours de replis utilisés quand la neige fait
défaut, traversent des sites habités par le grand tétras,
ce Tetraonidae qui fait l’objet depuis 2009 d’ une stratégie nationale
de conservation décidée par le ministère de l’Environnement. Certains de
ces sites sont même protégés par des APPB -Arrêtés préfectoraux de protection de biotopes,
une procédure simple qui permet aux préfets d’assurer la préservation
des habitats des espèces animales et végétales protégées au plan
national ou au plan régional-, ou intégrés dans le réseau NATURA 2000.
La
nécessité de préserver cet oiseau emblématique en voie de disparition a
conduit depuis quelques années les organisateurs de la course à se
rapprocher de l’association « Groupe Tétras Jura » et de l’Office national des forêts. L’organisateur
s’est engagé progressivement dans une démarche intégrant la notion
d’environnement et de « développement durable ». Un dossier
d’incidences NATURA 2000 a ainsi été élaboré cette année, et envoyé aux
services déconcentrés en charge de l’Environnement. Un certain nombre de
réserves ont été émises, faisant craindre un temps que la célèbre
course ne puisse se dérouler. Les enjeux environnementaux de ce
secteur imposent en effet une adaptation forte des tracés, mais aussi de
l’encadrement lors de la traversées des zones protégées. Les organisateurs de ce type de manifestations en sont très souvent conscients (lire par exemple ici).
Les Jurassiens ont su intégrer les circuits courts pour les
ravitaillements, ont joué la carte de la concertation ; les parcours
empruntent des pistes tracées à l’année sur des routes goudronnées...
In fine, un avis favorable a été rendu pour le parcours historique des 76 km entre Lamoura et Mouthe, ainsi que pour le parcours de repli passant par le massif du Risol.
L’exploitation du bois et le tourisme doux, basé sur le ski de fond,
la raquettes, le cyclisme, la marche nordique et la randonnée, le VTT,
les promenades avec des chiens de traîneau, la gastronomie locale et
l’hôtellerie traditionnelle, sont les ressorts économiques de ces
communes du Jura. La Transjurassienne est en le symbole et l’un des
moteurs.
Nous sommes heureux qu’un accord ait pu être trouvé cette année.
Nous
sommes convaincus de l’intérêt de ces rassemblements basés sur de
pratiques sportives douces ; nous sommes aussi conscients des impacts
potentiels de ces manifestions. La dynamique engagée autour de la
Transju doit conduire à faire de cette étape du circuit Worldloppet un
exemple d’intégration dans un territoire et dans une nature préservée,
sur la base de critères d’excellence.