Train / TER / vélo
© Monika Glet | Mountain Wilderness - CC BY NC SA

Le vélo, maillon essentiel de l’intermodalité en montagne

Face à la saturation automobile des vallées et des sites de montagne, le développement des mobilités devient de plus en plus une nécessité écologique et sociale. Pollution atmosphérique et sonore, embouteillages, parkings saturés, artificialisation des espaces naturels… les conséquences de la dépendance à la voiture individuelle sont aujourd’hui bien visibles dans les massifs français. Dans ce contexte, plusieurs organisations engagées pour la transition des mobilités (FUB, AF3V, MW, POW , CAMPTOCAMP, CIPRA et Alpes Là) publient une note de position commune sur la place du vélo dans l’intermodalité en montagne. L’objectif : défendre un véritable report modal de la voiture vers des solutions de déplacement plus durables, accessibles et adaptées aux réalités des territoires montagnards.

5 min de lecture
Mobilité douce

Écrit par le comité de rédaction

Publié le 03 juin 2026

L’intermodalité : une réponse adaptée aux territoires de montagne

En montagne, 80 % des déplacements se font encore en voiture. Pourtant, les alternatives existent et doivent être développées de manière complémentaire : train, bus, vélo, autopartage, autostop organisé… L’intermodalité consiste justement à articuler plusieurs modes de transport au sein d’un même trajet afin de rendre possible un déplacement sans voiture individuelle.

Dans des territoires où les distances sont longues, les dessertes parfois limitées et les hameaux dispersés, la qualité des “premiers et derniers kilomètres” devient essentielle. C’est là que le vélo joue un rôle central.

La transition des mobilités en montagne ne pourra reposer sur une seule solution. Elle nécessitera un bouquet d’alternatives complémentaires, adaptées aux réalités locales et pensées à long terme. Dans cette dynamique, le vélo apparaît comme un maillon essentiel des chaînes de déplacement multimodales.

Le vélo permet en effet de relier une gare à un village, un arrêt de bus à un départ de randonnée, ou encore un lieu d’hébergement à un itinéraire de montagne. Il apporte la souplesse nécessaire à des réseaux de transport souvent rigides et saisonniers. Associé au train ou au bus, il devient alors un véritable levier de report modal.

Une forte attente des usager·es

Les retours de terrain montrent une demande croissante pour des solutions d’intermodalité intégrant le vélo, notamment lié à l’essor du voyage à vélo et de son utilisation pour des déplacements quotidiens.

Car aujourd’hui encore, prendre les transports en commun avec son vélo reste trop souvent compliqué : manque de places dans les trains, absence de racks sur les bus, infrastructures inadaptées dans les gares, stationnements sécurisés insuffisants, informations peu lisibles ou règles différentes selon les territoires.

Ces difficultés découragent les usager·es, fragilisent l’ensemble de la chaîne de déplacement et freinent la mise en place d’un réel report modal.

Des solutions concrètes existent

La note de position propose donc plusieurs pistes d’action concrètes à destination des collectivités, des autorités organisatrices de mobilité et des territoires de montagne :

  • augmenter les capacités d’emport des vélos dans les trains et les cars ;
  • développer des navettes équipées de racks vélos ;
  • installer des stationnements sécurisés et gratuits en gare et sur les sites de montagne ;
  • coordonner les horaires train-bus-vélo ;
  • uniformiser les règles de réservation et d’emport ;
  • créer des itinéraires cyclables sécurisés pour rejoindre les gares et arrêts ;
  • intégrer toutes les offres de mobilité dans des calculateurs d’itinéraires accessibles.

Au-delà des infrastructures, les signataires insistent également sur la nécessité de changer les représentations : accéder à la montagne sans voiture doit devenir crédible, désirable et accessible au plus grand nombre. Ainsi, il est important de montrer que développer l’intermodalité ne signifie pas restreindre l’accès à la montagne. Au contraire : cela permet d’offrir davantage de solutions à celles et ceux qui ne disposent pas de voiture, tout en réduisant les nuisances liées au trafic automobile.

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