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Fréjus : quels transports de marchandises demain ?

5 févr. 2015

APPEL A LA MOBILISATION

Rendez-vous le 7 mars à St Michel de Maurienne pour réaliser une grande chaine humaine dénonçant l’inutilité du Lyon-Turin et demander la mise en œuvre rapide, pour des coûts et dans des délais bien moindre que ceux nécessaire pour la réalisation du Lyon-Turin, de l’autoroute ferroviaire alpine utilisant au mieux les infrastructures existantes !

- Téléchargez le flyer d’appel à participation

JPEG - 172.1 koEn Maurienne, le tunnel ferroviaire sur la ligne Paris-Milan, utilisé par les TGV, a récemment été mis aux normes internationales pour permettre le passage de wagons chargés de camions à partir de la plateforme multimodale d’Aiton.
En terme d’infrastructures, cette vallée peut également s’enorgueillir d’avoir un tunnel autoroutier pour les voitures et les camions ouvert en 1980. Actuellement, il est emprunté par 600 000 poids-lourds (PL) par an.

Un deuxième tube autoroutier en 2018 grâce à un tour de passe-passe ?
Un tube dit de sécurité de 8m de diamètre vient d’être creusé et par magie deviendra un tube de circulation après la finalisation de son aménagement, d’ici 2 à 3 ans.
Nous n’avons pas été dupes ! Lors de la décision de creuser ce tube de sécurité et sa déclaration d’utilité publique en 2008, MW, CIPRA et les syndicats des Transports avaient soulevé le risque que cette galerie de sécurité devienne à terme un tube de circulation. Le Comité de Massif des Alpes avait pris une motion à ce sujet. Des associations environnementalistes [1] avaient tenté un recours au tribunal administratif car, vu la dimension prévue pour cet ouvrage de sécurité, il ne pouvait qu’être un futur tube de circulation. Le procès a été perdu, mais le président du tribunal avait alors déclaré : "Quand ce tube sera ouvert à la circulation vous pourrez attaquer le permis de construire pour détournement d’usage !"

Il n’a pas fallu attendre longtemps. Le 3 décembre 2012, Frédéric Cuvelier, alors ministre délégué chargé des transports, annonçait, en accord avec son homologue italien, la future mise en circulation autoroutière de cette "galerie de sécurité". L’ouverture de ce deuxième tube conduira nécessairement à une augmentation très significative de la circulation des camions en Maurienne. L’accord entre les ministres français et italien prévoit en effet que le trafic pourra atteindre le même niveau, insupportable pour la vallée, que celui observé lors de la fermeture du tunnel du Mont Blanc en 1999 et plus récemment lors de la mise en œuvre de l’arrêté préfectoral interdisant la circulation d’une catégorie de camions dans la vallée de l’Arve et du tunnel du Mont Blanc pour répondre à l’alerte à la pollution de l’air.

Paradoxalement, le ferroutage actuel à partir d’Aiton est très largement sous-utilisé et quasi-uniquement par les camions transportant des matières dangereuse... car le passage leur est interdit dans le tunnel autoroutier. 29 000 PL/an utilise l’infrastructure ferroviaire contre 100 000 prévus. A comparer avec les 600 000 PL/an qui passent par le tunnel routier !

L’ouverture d’un deuxième tube autoroutier est une gifle donnée aux habitants des vallées alpines, à leurs élus, et aux associations qui travaillent pour limiter les impacts du transport de marchandises. C’est la fin du ferroutage et le début de la mise en place d’un véritable axe de passage des camions dans la Maurienne, avec son cortège de pollution de l’air et autres conséquences environnementales.

Il est prévu que la ligne ferroviaire Lyon-Turin dont on creuse actuellement des galeries de reconnaissance (!) coûtera de l’ordre de 26 milliards €. Elle n’ouvrira pas au mieux avant au moins 20 ans. Le tunnel ferroviaire actuel pourrait largement absorber les prévisions de trafic à cet horizon [2]. Alors, encore un projet inutile et imposé ?

- A ce sujet lire notre communiqué de presse inter-associatif : Tunnel de Fréjus : tube et entubage

[1Vivre en Maurienne, REAGIR, FRAPNA, ARSMB, FNAUT

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