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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

A la limite de la légalité... mais de quel côté ?

13 juil. 2007

Ce jeudi 12 juillet 2007 avait lieu in situ une fête pour les 40 ans du refuge communal de la Muzelle situé dans le Parc national des Ecrins. Les organisateurs de cette manifestation n’ont rien trouvé de mieux que de proposer aux invités de se faire transporter par hélicoptère (moyennant une participation financière de 60 Euros) à la limite du cœur du parc, ce qui les a affranchi d’une demande d’autorisation dérogatoire auprès du Parc.

La loi montagne semble cependant violée puisqu’elle interdit les déposes héliportées à des fins de loisirs en montagne ce type de manifestation festive est bel et bien à ranger au rayon des « activités de loisirs ».

Il ne s’agissait pas d’acheminer seulement des personnalités ou l’ancien gardien mais de proposer à tous les invités, accompagnés du nombre de personnes qu’ils souhaitaient faire profiter de l’occasion, la possibilité de faire un vol en hélicoptère peu onéreux.

Mountain Wilderness France et la FRAPNA s’inquiètent de cette possibilité de dérive qui est en contradiction avec l’esprit de la loi Montagne et ne manqueront pas de donner les suites juridiques qu’elles estimeront appropriées.

Dans ce vallon de la Muzelle, la limite de la zone centrale fait une enclave permettant ainsi des déposes héliportées à 15 minutes du lac et du refuge sans avoir à pénétrer dans le cœur du parc. L’invitation, co-signée par la station des Deux-Alpes et la mairie de Venosc, ressemble fort au test d’une nouvelle activité touristique à développer, ce qui, au-delà de l’égarement d’un jour, nous laisse présager toujours plus d’atteintes à ces lieux.

À l’heure où, à très juste titre, en matière de gestion de notre environnement, les appels à un regain de civisme se multiplient, la survivance de telles pratiques est à la fois injustifiable et irresponsable. La proximité immédiate d’un territoire d’exception qu’est un Parc national, symbole fort de la protection de la nature en France, ne fait que renforcer notre conviction qu’il est grand temps d’en finir avec toutes les formes agressives de marchandisation de la montagne.

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