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Aménagement de la route de Naves et du site du Tovet, MW favorable à un compromis

30 sept. 2010

Un recul de la pénétration des véhicules de loisirs dans le Beaufortin et des aménagements réduits.
par Nicolas Masson, Secrétaire général

GdNavesLe village de Grand Naves se situe vers 1300m d’altitude en rive droite de la vallée de la Tarentaise, dans la commune de la Léchère.
En toutes saisons, c’est un point de départ de randonnées vers le massif du Beaufortin. En hiver, il accueille une petite station de ski nordique. En été, un réseau de pistes d’alpage ouvertes à la circulation et couramment utilisées par les véhicules de loisirs se déploie en amont du village jusqu’aux sites du refuge du Nant du Beurre et du passage du Bozon à plus de 2000m d’altitude.
Afin d’améliorer l’attractivité de son centre nordique et de le pérenniser dans un contexte de manque chronique de neige en basse altitude, le maire délégué de Naves souhaite déplacer le point de départ des pistes de ski de fond jusqu’au site du Tovet vers 1560m. En effet c’est sur le plateau au-delà de ce site que se trouvent les pistes proprement dites alors que la liaison entre le village de Naves et le Tovet n’est qu’une route en montée parfois mal enneigée, peu skiante et rébarbative pour les débutants.
Le projet serait de goudronner la piste d’alpage et d’en assurer le déneigement, ainsi que de créer des bâtiments techniques et d’accueil au Tovet.
Des pétitions contradictoires circulent, pour et contre ce projet. Au terme de plusieurs visites sur site et après avoir entendu les avis et arguments des premiers intéressés, maire de Naves, commerçant et habitants de Grand Naves, Mountain Wilderness France a décidé d’accepter un compromis sur l’aménagement du site nordique du Tovet.
L’association accepte le projet aux conditions expresses suivantes :
(1) Préalablement à toute décision définitive, présentation au dossier de l’évaluation chiffrée des aménagements et travaux ainsi que des dépenses de fonctionnement engagés pour garantir l’accès au site du Tovet.
Il nous apparaît inconcevable qu’une décision soit prise en absence d’une information aussi déterminante, d’autant plus qu’il est avéré que la commune de Naves souffre de longue date d’un déficit d’investissements de première urgence, sans cesse différés.

(2) En période de fonctionnement du site nordique, stationnement obligatoire des véhicules individuels et accueil des visiteurs au village de Grand Naves, l’accès au Tovet par la piste aménagée se faisant exclusivement au moyen d’une navette dédiée ou en transports en communs.
Ainsi les travaux routiers et de création de parking au Tovet pourront être réduits au minimum, et le village de Grand Naves ne sera pas délaissé par les visiteurs.

(3) Garantie contractualisée de non-urbanisation du site du Tovet au-delà des équipements minimalistes rendus indispensables par son accès assuré dans les conditions prédéfinies : bâtiment technique dédié à l’activité ski de fond, à la sécurité et à l’entretien de la route, bâtiment d’accueil des visiteurs avec vestiaires, salle hors-sac et toilettes, plateforme stabilisée d’accueil et manœuvre des navettes.

(4) Accord contractuellement garanti devant l’autorité préfectorale par chacun des maires des communes de La Léchère, Aigueblanche, Hautecour et Montgirod du principe de l’interdiction permanente de toute circulation de véhicules de loisirs motorisés dans le vallon du Nant de Naves en amont du Tovet, et de l’accès aux sites d’altitude de la Montagne de la Faverge et du Bozon.
En contrepartie de l’aménagement de la route jusqu’au Tovet nous exigeons qu’il soit mis fin à la pénétration des véhicules de loisirs au-delà de cette limite. Ce sont ainsi plusieurs kilomètres de vallon sur 500m de dénivelé qui seraient rendus au silence et aux pratiques douces.
MW a fait connaître cette position au maire délégué de Naves et à la communauté de commune des vallées d’Aigueblanche à laquelle la commune appartient.
L’association restera très vigilante aux prochains développements du projet, l’acceptation de ce compromis n’étant absolument pas un blanc-seing donné aux aménageurs.

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