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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Avec ou sans glace ?

29 nov. 2010

amenagement-sommet-isolaLe site Internet Duralpes, vient de publier un article remarquable de Francois Amelot et Sylvain Coutterand*. Mettant en évidence et démontrant l’alternance de périodes glaciaires et interglaciaires, il pose la question du devenir de la réserve en eau que constituent les glaciers, sans invoquer en permanence le réchauffement climatique (même si les projections des climatologues autrichiens, suisses et allemands convergeaient au moins sur un point, en 2000 : l’annonce de ce déficit d’enneigement en altitude en tant qu’effet du réchauffement). Le lecture de cet exposé montre que même dans l’hypothèse très optimiste où l’humanité arriverait à réduire son impact sur le climat, les stations d’altitude ne seraient pas définitivement tirées d’affaire.

Si les évolutions des glaciers, bien que spectaculaires, sont suffisamment lentes pour laisser le temps d’amortir les remontées mécaniques et donc d’en assumer la charge financière globale il est impératif de concevoir ces équipements pour faciliter leur démontage futur : pas de bloc support de pylône dépassant du sol, bâtiments fragmentables en éléments transportables, et surtout provisions pour le coût du démontage intégral, comme pour la remise en état des carrières en fin d’exploitation.

L’immobilier, un vrai problème.

Bien des investissements immobiliers sont aberrants, car d’une durée de vie excédant celle des domaines skiables. Les friches touristiques ne résulteront pas seulement d’une conception pas assez flexible pour répondre aux évolutions ultérieures de la demande des touristes, mais aussi, tout simplement de la disparition de la ressource touristique. On ne pourra pas reconvertir toutes les stations en universités, comme ont pu le faire les australiens dans un cas...

La neige déserte les sommets au profit des bulldozers.

Un petit détail néanmoins : cet article peut laisser à penser que le recul en cours des glaciers est causé par une fonte plus importante l’été. Or l’analyse des statistiques de Météo France et surtout d’EDF sur la période 2000-2004 montre qu’il s’agit surtout d’un déficit d’enneigement en haute altitude : en moyenne, environ 12 m/an sur le Mont Blanc, 5 à 6 m/an sur la Haute Tarentaise. Contrairement au discours rassurant des "grandes" stations de sports d’hiver, ce déficit était plus important en haute altitude qu’en moyenne montagne. Ceci les obligeait à investir de plus en plus dans le terrassement du haut des pistes pour compenser l’épaisseur trop faible de neige par une plus grande régularité du sol (élimination des blocs, comblement des trous, etc.). L’artificialisation du paysage devint alors beaucoup plus irréversible que le seul impact des remontées mécaniques. Il resterait à vérifier que cette tendance au déficit d’enneigement en haute altitude s’est poursuivie au delà de 2004...
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* respectivement géologue et glaciologue et tous deux géomorphologues.

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