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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Butiner en Montagne

8 nov. 2007

Mountain Wilderness France
désire aujourd’hui valoriser les acteurs du tourisme ayant choisi d’adopter une
démarche respectueuse de l’environnement et s’inscrivant sur le long terme.
C’est ce qui va être fait grâce à la mise en ligne d’un site web présentant
différents professionnels du tourisme doux.

Le terme « Butiner » évoque la liberté de l’abeille se laissant aller au gré de ses envies, en prenant le meilleur des fleurs, le tout dans un rayon proche et dans le respect des ressources. Si l’on fait le parallèle entre le tourisme et le miel, nous espérons que notre initiative donnera, par opposition à un miel toutes fleurs, un miel de grande qualité car nous avons choisi les meilleures fleurs à butiner. C’est autour de ce gage de qualité que nous vous invitons à découvrir les saveurs de différents territoires.
Nous vous proposons donc dans ce dossier de revenir sur les actions menées par notre association, lesquelles nous amènent aujourd’hui à soutenir certaines initiatives locales respectueuses de l’environnement. Quelques exemples permettent de démontrer la viabilité et l’intérêt de cette orientation.

Contexte : l’activité touristique en montagne

Que ce
soit au niveau international, national ou local, le tourisme est un secteur en
constante expansion. En raison de la diversité de ses paysages, de ses espaces
naturels et de la richesse de son patrimoine, les secteurs de montagne sont les
premières régions touristiques européennes et leur activité repose en grande
partie sur la saison hivernale. Cependant, la pérennité d’une activité liée à
l’exploitation de l’or blanc est loin d’être assurée et a d’ores et déjà montré
ses limites. La crise des sports d’hiver, apparue dans les années 1986/87, est
toujours d’actualité, et en raison des dérèglements climatiques et des hivers
sans neige, ne va pas en s’amenuisant. De plus, bien qu’une part de ce tourisme
engendre des retombées économiques considérables pour quelques territoires,
tous ne sont pas concernés et il occasionne pour les milieux naturels
d’importantes dégradations. Cependant, le tourisme étant une activité reposant
principalement sur la qualité des lieux où il est développé, il ne pourra
perdurer si son développement continue de se faire au détriment de
l’environnement. D’autre part, en plus de la fragilité des milieux naturels
déjà évoquée, la montagne connaît de plus en plus de difficultés :

- le
maintien des activités économiques, et notamment de l’agriculture et du
pastoralisme, dont les rôles sont essentiels pour conserver la qualité des
paysages et de la biodiversité,

- la
pression foncière de plus en plus forte dans certaines zones de montagne
proches d’agglomérations saturées,

- 
l’arrivée de nouveaux résidents, ne saisissant pas toujours les enjeux du
maintien de la vie en montagne.

C’est
donc un lieu aux confins de différentes et complexes problématiques, ainsi
qu’un lieu d’enjeux sociaux et environnementaux. Afin de trouver des solutions
pouvant assurer son avenir, il est important de considérer le milieu montagnard
et les activités qui s’y déroulent, d’une manière transversale en prenant soin
d’intégrer l’ensemble de ses acteurs.

Le
tourisme est certainement une réelle opportunité de développement local.
Cependant, si l’on veut pérenniser cette activité, il est essentiel de « 
cueillir les fruits sans couper l’arbre ». Il est donc urgent de penser à
s’orienter vers un autre type de tourisme.

Le
tourisme doux repose sur l’utilisation, la valorisation et la préservation des
ressources locales. C’est un tourisme de qualité, respectueux de
l’environnement naturel et culturel et qui s’inscrit dans le long terme. Il est
mis en place et géré par les populations locales, de manière à ce qu’elles
soient les bénéficiaires des retombées économiques. Il est donc un mode de
développement particulièrement adapté aux zones montagnardes et constitue la
meilleure solution pour l’avenir des montagnes.

Un projet de valorisation du tourisme doux

Mountain
Wilderness France entend donc bien jouer un rôle dans la réorientation du
tourisme de montagne en proposant des solutions complémentaires aux activités
actuelles. Ces solutions passent dans un premier temps par la collaboration
entre les « petits » acteurs ainsi que par le regroupement et la promotion
d’une offre large auprès des visiteurs de toute nationalité. Concrètement, un
site Internet verra le jour, proposant les premiers contacts pris. Ce
« premier pas » devrait rapidement connaître un élargissement, tant
au niveau géographique que concernant le nombre d’acteurs recensés.

Les
objectifs de ce projet sont multiples :

- 
valoriser la pratique du tourisme doux en montagne par rapport au tourisme
conventionnel nécessitant aménagements et équipements préjudiciables au milieu
montagnard ;

- rendre
ces prestations plus accessibles aux personnes ne connaissant pas la région,
ainsi qu’accroître l’attractivité des massifs ;

- 
sensibiliser et inciter les touristes à aller dans ce sens et faire en sorte
qu’ils prennent le temps de découvrir un territoire, ses paysages, son histoire
et ses traditions par la rencontre de ses habitants ;

- 
provoquer une prise de conscience de l’importance de la consommation de
produits locaux pour l’économie locale, et donc favoriser l’achat en vente
directe (circuits courts).

Pour
atteindre ces objectifs, le projet s’appuie sur les micro-réseaux existants et
permettra de favoriser les échanges entre prestataires. En ce sens, cette
initiative constitue un véritable levier pour la mise en place d’un réseau de
personnes respectueuses de la nature et des hommes. Les acteurs concernés
inscrivent leur activité dans différents secteurs de l’économie montagnarde :
personnes faisant de l’hébergement, de la restauration, de l’accueil, mais
aussi producteurs, artisans, guides, accompagnateurs en montagne, … Il inclut
également des lieux permettant la découverte du patrimoine naturel et culturel
local : musées, expositions, sentiers thématiques, alpages, …

La
sensibilité à l’environnement est la base du projet et les acteurs doivent tous
répondre à ce critère. Une autre particularité de ce projet se trouve dans
l’esprit chaleureux, sympathique et accueillant de ces offres, puisqu’elles
doivent être respectueuses de cinq critères, garantissant la qualité et le
caractère doux de leur activité :

- 
respect de l’environnement et de la nature,

- 
qualité de l’accueil, des relations humaines et de l’échange,

- mise
en avant des caractéristiques locales,

- 
authenticité,

- 
satisfaction au niveau des cinq sens.

La mise
en place d’un site Internet correspond à un choix s’appuyant sur de nombreux
aspects :

- 
diffusion géographique non restrictive potentiellement très large,

- 
actualisation facile et régulière,

- 
démarche participative et active importante : des acteurs pouvant demander à
être ajoutés régulièrement,

- 
échelle géographique malléable.

Cet
outil permet de valoriser les territoires et les acteurs qui répondent aux
critères et ainsi de proposer un autre mode de fréquentation des massifs aux
visiteurs proches ou lointains.

Grâce à
la mise en réseau qu’il occasionne, ce projet permet à des personnes ayant des
préoccupations communes de se retrouver, d’échanger des informations, de
partager des expériences et des réalités de terrain, mais aussi d’utiliser les
ressources des uns et des autres et de se transmettre les hôtes. Le site
Internet et le réseau déployé permettent aussi aux participants de mieux
connaître leur territoire, leur patrimoine et l’offre touristique existante.
Cette connaissance leur sera utile pour mieux se valoriser eux-mêmes mais aussi
pour mieux valoriser l’ensemble de leur massif en proposant une offre cohérente
aux visiteurs.

Les
prestations seront plus accessibles aux personnes ne connaissant pas la région.

La
visite approfondie d’un massif ou d’une vallée permet d’autre part de favoriser
la mobilité douce, mais aussi de garder du temps en limitant les distances à
parcourir.

Par la
diversité des acteurs qu’il inclut, ce projet est transversal aux différents
secteurs de l’économie montagnarde. Il participe donc aussi à encourager l’agriculture,
le pastoralisme et la sylviculture, des activités inhérentes au milieu
montagnard, mais en proie à de plus en plus de difficultés.

Ce mode
de consommation permet d’assurer des retombées économiques locales par le biais
des circuits courts.

En valorisant
le savoir-faire local, en cherchant des solutions respectueuses de
l’environnement et en développant un travail en réseau, ce projet apporte un
vrai soutien à la vie des populations de montagne.

Au-delà
de sa mise en place, nous assurerons la promotion de ce site au niveau national
et international en lien avec les structures et réseaux intéressés (CIPRA,
Avenir dans les Alpes, autres sections de MW, …).

Un projet demandant un large investissement

Afin de
proposer une offre la plus large possible, nous vous invitons tous, lecteurs ou
adhérents, à nous transmettre les coordonnées d’acteurs touristiques
respectueux de l’environnement qui pourraient avoir leur place sur le site
Butiner. Nous évaluerons ces personnes et leur proposerons éventuellement
d’intégrer le réseau.

Vous
pouvez aussi participer aux réflexions autour de la gestion de ce projet en
intégrant le groupe de travail.

Merci d’avance.

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