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Charte du Parc national de la Vanoise : le présent et l’avenir

29 sept. 2015

Communiqué de presse du Parc national de la Vanoise

La consultation des communes pour l’adhésion à la charte est arrivée à son terme. Deux communes seulement ont émis un vote positif, celles de Peisey-Nancroix et Saint-Martin-de-Belleville. Un résultat qui redessine les contours de l’action du Parc national et de ses partenaires, mais pourrait bien dégager, à terme, de nouvelles opportunités.

Avec 2 communes adhérentes seulement sur 29 qui composent l’aire optimale d’adhésion du Parc national de la Vanoise, est-ce l’échec de la loi de 2006 réformant les parcs nationaux ?
Certainement pas puisque dans tous les autres parcs où ce processus s’est terminé, ce sont entre 75 et 80 % des communes qui ont dit oui dès la première vague d’adhésion. Et la démarche s’amplifie puisque ce score s’élargit déjà dans certains parcs, après trois ans de vécu de la charte.

En revanche, ce que la loi de 2006 avait certainement mal anticipé, c’est la difficulté de faire accéder à ce processus un parc national tel que celui de la Vanoise, au contexte très particulier, unique en Europe, où le développement touristique lourd est majeur avec 26 des 29 communes porteuses de station de sports d’hiver et trois des dix plus grands complexes mondiaux de ski. Comme l’explique Emmanuel Michau, directeur du Parc national, « La charte a ici été vécue comme un possible frein au développement, une mainmise de l’établissement public du Parc et de l’État au-delà du cœur, alors qu’elle est d’abord conçue comme un outil de partenariat pour un projet de territoire et un appel à réflexion sur les solidarités existant entre le cœur et son environnement proche. ».

Depuis deux ans, pourtant, tous les efforts ont été fournis pour rendre la charte plus accessible, plus claire et pour l’expliquer tant aux conseils municipaux qu’aux populations. Le document initial a été élagué, modifié, réécrit pour tenir compte des multiples observations émises par les communes et le public lors des phases de consultation. Le ministère de l’Écologie, le Conseil d’État ont validé les équilibres qui avaient été trouvés au sein du conseil d’administration en lien étroit avec les élus, ceci malgré certaines réserves émises par la commission d’enquête publique. La stratégie touristique du parc national établie, avec l’assentiment de tous, en complément à la charte devait aussi convaincre. Le président du conseil d’administration du Parc et l’équipe de direction ont rencontré tous les conseils municipaux pour faire comprendre les enjeux.

Mais, admettons-le, la charte a ranimé de vieilles rancœurs et l’irrationnel a souvent pris le pas sur la réalité dans les débats. « Plutôt qu’un véritable échec, parlons d’une occasion manquée d’investir pleinement les possibilités offertes par la loi de 2006 et le grand sac de possibles que présente la charte. L’occasion manquée aussi de renouer une large confiance avec le territoire autour d’actions concrètes. » souligne Guy Chaumereuil, président du conseil d’administration du Parc national, qui s’est fortement investi dans le dialogue avec toutes les communes et veut continuer à y croire : « Le travail des prochaines années avec les deux communes adhérentes,
Peisey-Nancroix et Saint-Martin-de-Belleville, constituera sans aucun doute le meilleur exemple du bien-fondé, de la pertinence et de l’efficacité de la charte. Et le dialogue avec les communes non adhérentes devra être poursuivi, dans la confiance et la sérénité, avec pour objectif des adhésions plus nombreuses et plus enthousiastes. C’est d’ailleurs ce qui se passe déjà dans les autres parcs... »
.

Ne faut-il pas voir, en effet, dans la situation actuelle une opportunité pour le Parc national et le territoire de rebondir ? Tout d’abord, la charte existe : document de référence, elle consacre la préservation du cœur du parc national. Celui-ci n’a jamais été contesté dans tout le processus d’élaboration de la charte. Son intégrité est garantie, tout en l’ouvrant à une prise en compte renforcée du tourisme, de la culture, du pastoralisme dans l’esprit voulu par le législateur.
Il y a désormais, par un recentrage géographique de l’action, une focalisation des moyens, un défi de faire vivre le cœur et de montrer le rôle moteur qu’il peut jouer en matière bien sûr de patrimoine, d’études et de recherche, d’accueil et de sensibilisation du public mais aussi de contribution à la vie économique et sociale du territoire.

Deux communes adhérentes seulement dira-t-on, Peisey-Nancroix et Saint-Martin-de-Belleville, mais deux communes avec chacune ses particularités, propices à développer, encollaboration étroite avec le Parc, des actions porteuses dans le domaine du tourisme d’été, de la gestion et valorisation des milieux et du patrimoine, de l’écoresponsabilité, du dialogue entre Parc national et stations. On salue leur détermination, leur ambition, leur engagement et la confiance qu’elles ont décidé d’accorder à un Parc partenaire.
Cette confiance, le Parc compte bien la conforter en démontrant l’efficacité de la collaboration avec ces communes dans une mise en oeuvre dynamique et concertée de la charte.

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