Crédits photos

Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Comment j’ai découvert M’dame Mobilité Douce

15 juil. 2008

Par Laurence Roussel
Et bien non, la Wilderness, on ne tombe pas tous dedans quand on est petit. La wilderness ça peut aussi s’apprendre, ça peut venir par déclic, ça peut faire peur au début et puis ça fait vite partie du fond de sac à dos dont ne peut plus se passer.
Mon déclic à moi a eu lieu en septembre 2000. Et, ironie du sort, c’est grâce aux routiers que j’ai rencontré M’dame Mobilité Douce. Non ??? Si !!! Rappelez-vous, en cet été indien, les routiers revendiquaient de meilleures conditions de travail et salariales en bloquant les points névralgiques de l’hexagone et notamment les dépôts d’essence.
N’étant pas prêts à faire des heures d’attente pour quelques litres de carburants ni à rester cloués à Grenoble tout le week-end, avec quelques amis, nous nous lançons dans l’organisation d’une randonnée au départ du centre ville. Notre choix se fixe sur le Moucherotte versant est. Le Moucherotte, vous savez ce sommet si proche de la ville.
Après étude du plan des transports en communset de la carte IGN, nous voici prêts au départ : nous serrons nos lacets dans l’appartement et mettons le sac sur le dos dans le salon. Le voyage commence en effet dès la fermeture de la porte et la partie transport fait partie intégrante de la randonnée, tel un apéritif avant un bon dîner.
Première étape : le tram. Là, le regard des voyageurs citadins nous fait sentir un certain décalage, ce qui n’est pas pour nous déplaire et contribue largement à la bonne humeur de la troupe.
Terminus, tout le monde descend, correspondance pour Seyssinet-Pariset sur la même place.
Deuxième étape : le bus. Tels des ados surexcités, nous prenons place sur la banquette arrière et suivons notre carte pour descendre à l’arrêt le plus adéquat.
Cette fois c’est parti pour la partie pédestre du voyage. Nous cheminons tout d’abord sur un sentier zigzagant au milieu des belles maisons qui nous font rêver et dont nous n’avions jamais soupçonné l’existence lorsque nous accédons au départ en voiture. Nous rejoignons ensuite le chemin qui mène au sommet par la face est. Après quelques bonnes pauses, quelques erreurs de bifurcation, beaucoup de rigolades et 1600m de dénivelée, nous débouchons finalement au sommet.
Les personnes venant se promener au Moucherotte au départ de St Nizier ne sont en général pas très habituées à voir sortir des randonneurs du côté « falaise » mais quand ceux-ci répondent à la question « et vous venez d’où comme ça ? » par un très naturel « Grenoble pourquoi ? », la mâchoire du bas à tendance à tomber légèrement pour laisser échapper un « wouhaou ». Dans ce cas là, les randonneurs s’efforcent de paraître frais et souriant, de bomber le torse et de sautiller de rocher en rocher avec un dynamisme nouveau malgré la fatigue.
Pas peu fiers d’avoir « fait » le Moucherotte depuis Grenoble, nous savourons un bon casse-croûte en nous délectant du paysage grandiose sous un ciel bleu marine. Mais le voyage n’en est pas fini pour autant. Il nos faut maintenant penser à la descente...
Nous avalons à un rythme paisible la « voie normale » puis le sentier botanique vers l’ancien tremplin à ski puis, quelques papotages plus loin, nous rejoignons le GR dopés par notre petite aventure ! Mais il nous faut bien admettre que nous ne sommes pas en avance pour avoir le dernier bus à Seyssinet. Et curieusement l’idée de rajouter 400m de dénivelée de descente si nous loupons le bus nous fait pousser des ailes et c’est dans une petite foulée presque gracile que nous effectuons les derniers mètres (enfin vous voyez le gracile du randonneur à grosses chaussures avec sac qui ballotte de droite à gauche) !
Le chauffeur de bus nous accueille avec un petit sourire en coin, le même que portaient les passagers du tram le matin... Puis nous prenons le tram direction le centre ville. Et nous ne coupons pas à la traditionnelle bière sur la terrasse de café comme après toute bonne rando. Mais celle-là a un goût encore plus particulier...
Et c’est fatigués mais contents de notre essai transformé, sereins et emplis de belles images fortes comme au retour d’une véritable course en montagne, que nous quittons enfin nos chaussures sur le palier.
Alors si le Moucherotte reste pour vous une balade tranquille et familiale, il revêt depuis ce jour pour moi un statut tout particulier. Je ne le regarde plus de la même façon, il a regagné de sa superbe, sa valeur de sommet tel qu’il le mérite. Alors je ne peux que vous encourager à partir à la découverte de M’dame Mobilité Douce et trouvez vous aussi votre déclic, votre Moucherotte.

Diffuser cet article :


Partager