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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Contre l’abattage aveugle des bouquetins du Bargy !

28 mai 2014

Éradiqués autrefois du territoire français, la réintroduction progressive de bouquetins dans divers massifs a permis au cours des décennies passées le développement d’une population qui avoisine aujourd’hui 9000 individus. Strictement protégée, cette espèce a pourtant vu près de 240 de ses individus abattus depuis l’automne dernier dans le massif du Bargy, en Haute-Savoie.

JPEG - 81.7 koCes abattages sont censés avoir un objectif sanitaire, suite à l’épizootie de brucellose intervenue en 2012 dans un élevage bovin du Grand-Bornand. Pourtant, l’ANSES saisie pour avis scientifique a déterminé que l’infection initiale était issue de l’élevage, et que « le risque de transmission de la brucellose des bouquetins aux cheptels domestiques reste minime ». En conséquence, l’ANSES proposait plusieurs solutions alternatives à l’abattage massif, dont la vaccination, l’abattage ciblé sur les animaux séropositifs ou encore l’application de mesures de surveillance des troupeaux, les contacts rapprochés entre bouquetins et ruminants domestiques étant rares. Elle précisait que son « analyse ne permet[tait] pas de confirmer la nécessité de mettre en œuvre dans l’urgence les actions d’abattage envisagées », et demandait un temps d’observation scientifique avant la mise en œuvre de mesures de gestion.

Suivant l’avis de l’ANSES, la commission faune du Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) a dit dans un avis de septembre 2013 que « si l’éradication du foyer de brucellose chez le bouquetin des Alpes dans le massif du Bargy s’avère indispensable, elle n’a nullement besoin d’être réalisée dans l’urgence ». S’appuyant sur le très faible risque de contamination tant pour l’homme que pour les animaux domestiques, elle a refusé de suivre la demande du préfet de Haute-Savoie, d’abattage total et immédiat de la totalité des bouquetins, préconisant un abattage partiel, sur trois ans, des seuls animaux contaminés.

Malgré ces avis circonstanciés, le préfet de Haute-Savoie sous la pression des éleveurs et des chasseurs a alors demandé un abattage total et le ministère de l’Environnement a ordonné l’abattage préventif de tous les bouquetins de 5 ans et plus, sans viser spécifiquement les bouquetins contaminés, et les tirs ont commencé en octobre 2013... le préfet ne faisant pas procéder à des analyses post-mortem et bloquant toute information depuis l’automne dernier.

Le ministère refusant pour l’heure d’envisager des mesures alternatives efficaces (dépistage, vaccination,..), il est indispensable de se mobiliser encore plus nombreux pour empêcher l’abattage total de la population des bouquetins du Bargy !

PLUS D’INFOS

- Rendez-vous sur www.sauvonslesbouquetins.com
- Signer la pétition en ligne (déjà plus de 40 000 signatures !)

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