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Convention alpine : l’Italie dit oui, la Suisse encore non

31 mai 2012
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Article extrait d’alpMedia, le service d’information pour les Alpes de la CIPRA

L’Italie a créé la surprise en ratifiant huit des neuf protocoles de la Convention alpine. Il ne manque donc plus que la Suisse. Celle-ci n’a pas besoin des protocoles, a déclaré la semaine dernière le Conseil fédéral : selon lui, la politique suisse est plus durable que celle de tous les autres États alpins.
Dans la communauté des États alpins, il y avait jusqu’à présent deux moutons noirs : l’Italie et la Suisse. Ces deux pays se faisaient tirer l’oreille depuis 20 ans pour ratifier les protocoles de la Convention alpine. Depuis le 5 mai, huit des neuf protocoles sont entrés en vigueur en Italie. Seul le protocole Transports a été mis pour l’instant entre parenthèses, sous la pression du lobby des transporteurs routiers, qui affirme que l’interdiction de construire de nouvelles autoroutes dans les Alpes signifie que les routes existantes ne peuvent plus être entretenues. Un risque pour la sécurité - et pour l’économie. Le protocole Transports entraînerait de plus, selon eux, un énorme désavantage concurrentiel. L’Italie est en effet le seul pays qui doit transporter ses marchandises à travers les Alpes en direction du reste de l’Europe. Or, le protocole Transports aurait enfin aidé l’Italie à créer les conditions politiques nécessaires pour le transfert du trafic de la route vers le rail. Aujourd’hui, l’Italie continue de s’engager dans des projets ferroviaires coûteux comme le Lyon-Turin ou le tunnel de base du Brenner. Il manque la volonté politique et une stratégie claire pour un réel transfert du fret de la route vers le rail.
La Suisse possède une telle stratégie. Sa politique des transports sert même de référence dans toute l’Europe pour la gestion du trafic de marchandises transalpin. C’est du moins ce qu’a déclaré de nouveau le Conseil fédéral le 23 mai en réponse à une intervention parlementaire. Et c’est la raison pour laquelle la Suisse n’a pas besoin, selon lui, de ratifier les protocoles. Reste à savoir ce qui empêche cette Suisse exemplaire, première de la classe, de reconnaitre légalement tous les protocoles.

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