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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Croisière Blanche 2005 - Dossier presse part. 2

17 janv. 2005

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Les motifs de notre opposition à la Croisière Blanche, et plus généralement aux loisirs motorisés en montagne, sont de tous ordres : écologiques, économiques, pédagogiques et éthiques.

- Il s’agit de pratiques agressives incompatibles avec l’aspiration au calme, au silence et à la santé des montagnards —habitants, randonneurs— dont les motoristes croisent indifféremment le chemin.
- La multiplication de ces pratiques induit de réelles dégradations physiques de notre environnement naturel (décaissement, érosion accélérée et élargissement des itinéraires empruntés, saccage de la végétation, dégradation visuelle des paysages, pollution des torrents) et des perturbations moins immédiatement perceptibles mais tout aussi réelles de la faune locale.
- Leur publicité et leur médiatisation permanente, en particulier lors de rassemblement comme la Croisière Blanche, font croire au grand public qu’il est tout à fait normal de sillonner la montagne avec de tels engins. Les jeunes sont particulièrement perméables à cette banalisation des loisirs mécaniques. Il est de notre responsabilité d’adultes de leur proposer un autre monde.
- A l’heure où se confirme la perspective de dérèglements climatiques graves, ces pratiques voraces en carburant participent à leur échelle à la production de gaz à effet de serre. Elles sont un encouragement à l’incivisme le plus provocateur.
- Ces pratiques consacrent l’appropriation de fait d’un patrimoine commun pour le divertissement et l’enrichissement de quelques-uns.

"La montagne est à tout le monde. Chaque activité doit y trouver sa place", répètent à l’envi nos contradicteurs. Cette affirmation péremptoire du "tout à tous" est un leurre et une tromperie, toujours invoquée par les agresseurs pour imposer leur "loi" aux agressés. La loi, elle, est sans ambiguïté : le droit de ne pas être agressé prévaut sur la liberté d’agresser.
En empruntant les "voies ouvertes à la circulation publique", les motoristes ont déjà libre accès à 90% de notre territoire.
Est-il acceptable de les entendre réclamer davantage encore et accuser d’entrave à la liberté de circuler celles et ceux qui osent crier "ça suffit !" ?

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Ce sont ces nuisances que la loi de 1991 sur la circulation des véhicules terrestres dans les espaces naturels voulait éliminer. Correspondant à un besoin social et aux nécessités de l’intérêt général cette loi répondait à une forte attente : compléter les dispositions de la loi de protection de la nature en évitant aux espaces naturels les dommages supplémentaires qui pourraient être liés à la circulation non maîtrisée des véhicules à moteur.

Las, par le biais de dérogations prévues comme devant être exceptionnelles, les pratiquants de loisirs motorisés peuvent donner libre cours à leurs loisirs et massacrer l’environnement du Champsaur et du Valgaudemard. Un arrêté préfectoral d’autorisation n’a pas la vertu d’annihiler les nuisances de ces centaines de véhicules tout-terrain...

Les organisateurs de la Croisière Blanche peuvent d’ailleurs annoncer la participation à 40% de pilotes étrangers : effectivement dans de nombreux pays européens ce type de rencontres, pour les dommages qu’elles occasionnent, est strictement interdit.

A l’heure ou la France est rappelée sévèrement à l’ordre par la Commission européenne pour sa mauvaise gestion environnementale, contraire aux directives de l’Union, l’autorisation dérogatoire exceptionnelle que ne manquera pas de donner le Préfet des Hautes-Alpes, représentant de l’Etat dans ce département, tombe très mal.

Croisière Blanche 2005 - Dossier presse part. 3

Photos © André Paris

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