Crédits photos

Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Des éleveurs s’opposent au rallye Monte-Carlo !

15 janv. 2013

JPEG - 97.6 koAlors que nous sortons de plusieurs semaines anticycloniques au cours desquelles nombre de secteurs des Alpes ont vu l’instauration de limitations de vitesses sur rocades et autoroutes pour éviter de dégrader encore plus la qualité de l’air, le rallye de Monte-Carlo prend aujourd’hui, 15 janvier 2013, son départ. Dans le même temps, c’est encore plus de gaz a effet de serre qui sont produits à l’autre bout du monde, dans les Andes, par les concurrents et les caravanes d’accompagnateurs du rallye « Dakar » [1] (on évitera de relever une fois de plus l’incongruité d’un rallye Paris-Dakar en Amérique du Sud... Ah, trop tard, c’est fait !).

Pour mémoire, le Monte-Carlo, c’est 113 voitures de course lancées sur les petites routes de montagne du Sud-Est de la France.

Comme l’écrivait Daniel Rouzier, longtemps responsable de la campagne Silence ! de Mountain Wilderness :« ces courses sont nées dans un monde aux ressources immenses, ignorant de sa finitude. Le thermostat du réchauffement planétaire était enclenché, mais qui le savait vraiment ?
Ces courses pouvaient foncer sur les chemins et forêts enneigés et dédaigner les sages appels de ceux qui avaient pourtant observé l’entrée en souffrance de la planète. Nicolas Hulot nourrissait encore une passion pour les vols héliportés au-dessus de la faune et de la flore à domestiquer. Le baril en dépit des guerres et des incertitudes, était quasiment donné.
C’était HIER, c’était JADIS, déjà !
La conscience collective a, depuis, fait des avancées considérables. Les symptômes sont devenus des indices, les indices des preuves. Les analyses de quelques-uns ont été validées. Aujourd’hui, la réalité nous saute au visage : l’accumulation dans l’atmosphère des gaz a effet de serre travaille au corps la planète bleue. Tous le monde s’accorde à penser que, si nous n’infléchissons pas radicalement nos modes de vie usants, polluants et gaspillants, notre civilisation court à sa perte.
Dans ce contexte, où l’on sait ce que l’on sait, peut-on continuer à laisser se dérouler comme si de rien n’était ces compétitions ? »

Cette année, quelques éleveurs des Alpes de Haute-Provence se sont fédérés et ont écrit à leur préfet pour leur faire part de leur opposition au passage des coureurs. Gaspillage énergétique, gaspillage financier, inadéquation de leur territoire rural à ce type de fréquentation, volonté de conserver à leur vallée son caractère authentique, envie de voir dans la montagne autre chose qu’un simple circuit de course... voilà ce qui les a motivé à demander que le rallye n’y passe plus. Leurs moteurs à eux s’appellent "qualité de vie", "développement en accord avec l’environnement", ou encore "tourisme dans une logique d’éducation et de sensibilisation à la protection du patrimoine naturel et culturel". Des moteurs un poil plus enthousiasmants que ceux de Loeb et consorts...

Mais rassurons nous, du 20 au 24 mars, les organisateurs se rachèteront une conscience écologique grâce au 14e « rallye Monte-Carlo des énergies nouvelles » ...

[1Le Dakar, c’est 196 motos, 40 quads, 161 4x4 et 75 camions tout-terrain rien que pour les concurrents. Et on ne compte pas les hélicos divers (télés, secours, organisations...)

Diffuser cet article :


Partager