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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

En montagne, prudence au bord de l’eau

16 sept. 2009

Réponse de Mountain Wilderness à l’article du jeudi 13 août 2009 de la revue Actumag, sur les hydroguides et la prudence au bord de l’eau (voir l’article en pdf).

Face aux dangers potentiels que représentent pour le public, les cours d’eau aménagés en équipements hydroélectriques, Electricité de France (EDF) a eu l’idée de créer les "hydroguides", afin de sensibiliser et responsabiliser davantage les usagers de la montagnes susceptibles de fréquenter les berges de ces mêmes cours d’eau. Cette action saisonnière du producteur d’électricité est souvent mise en avant dans le cadre de son propre plan de communication et relayé par de nombreux médias séduis par le caractère prétendument exemplaire de la démarche.
http://www.actumontagne.com/en-mont...L’action peut paraître en effet pertinente à première vue. Informer le grand public sur le fonctionnement des rivières pourrait être une bonne chose. Hélas, les hydroguides recrutés par EDF véhiculent de fait l’idée que nos torrents et rivières sont uniquement des espaces artificialisés au service de l’hydroélectricité et de ses aménagements, qui vont du barrage à la microcentrale. L’initiative induit une fois de plus que la wilderness est désormais pour un nombre croissant de personne et d’acteurs du développement durable un concept parfaitement inapplicable aux espaces d’eaux vives. Les hydroguides ne sont pas là pour guider le public vers la rivière mais bien recrutés par un industriel pour éloigner les citoyens d’un espace artificiel rendu dangereux de part les contraintes de gestion des équipements.
Pour Mountain Wilderness, la mise en place de ces actions dites pédagogiques avec la création, entre autres, des hydroguides reflète une vision étriquée du torrent et des vallées montagnardes, que certains acteurs y compris du développement durable, ne voient que comme des espaces productifs pour les besoins de l’industrie et d’une économie, verte ou pas, et en tous le cas de marché. Les campagnes tournées vers la prévention et la sécurisation des berges, voire leur interdiction d’accès par les exploitants publics et privés de l’hydroélectricité n’ont de sens qu’en référence aux risques et contraintes imposés par eux. Elles ne peuvent prétendre à s’inscrire dans une approche durable de la Wilderness.
Pourtant ne peut on pas voir aussi les cours d’eau comme des espaces naturels, publics et donc libres d’accès pour tous ? Dans ce cas, la sensibilisation s’effectuerait à différents niveaux et en partenariat avec tous les acteurs concernés par l’utilisation des cours d’eau et pas uniquement par les usiniers ou EDF. Elle passerait davantage par des actions de sensibilisation au fonctionnement et au respect de ces espaces aquatiques par tous leurs usagers, de valorisation et de préservation des derniers espaces naturels d’eaux vives pour lesquels Mountain Wilderness se bat avec d’autres associations.
Concevoir nos rivières comme étant aussi des espaces de vie et de loisirs leur donnerait un aspect plus accueillant et plus ludique, sans pour autant minimiser les dangers. Il faut en effet considérer les torrents comme étant des espaces montagnards naturels, donc comme des espaces forcément à risques pour n’importe quel usager. Dès lors, le bon sens de chacun peut s’avérer beaucoup plus efficace que n’importe quelle action de prévention d’usiniers.

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