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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Hommage aux défenseurs des bouquetins du Bargy

3 oct. 2014

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Ce soir, chez moi, bien au chaud, je pense à la petite équipe qui est restée là-haut dans les brouillards de la nuit et que j’ai quittée en fin d’après-midi un peu honteux de les laisser ainsi. Ils paraissaient bien fragiles, bien que sereins. Certains ont dû rester au campement principal près du lac de Peyre, d’autres sont partis bivouaquer en altitude, sur les crêtes ou en haut des combes, afin d’être présents dès l’aube à l’arrivée des tireurs et de s’opposer à toute action des forces de l’ordre contre les bouquetins du Bargy. Comment peuvent-ils relâcher leur vigilance ?

Après avoir annoncé qu’il n’y aurait pas d’abattage avant la fin du mois de septembre, le préfet a confirmé son intention de poursuivre l’éradication des bouquetins.

Ils ont sillonné le massif dans tous les sens, alors ils pensent posséder ce petit plus, bien mince, de la connaissance du terrain face aux moyens démesurés de la force publique. N’ont-ils pas eu fin nez ce fameux matin du 23 septembre ? Sans leur anticipation et leur présence il ne fait guère de doute que l’hécatombe déjà engagée depuis un an aurait été poursuivie. Ils ont gagné un sursis... pour combien de temps ?

Malgré les insultes, les dégradations de leurs véhicules, ils poursuivent leur effort. Combien de temps pourront-ils tenir dans les conditions précaires de campements de fortune ? Ils ont besoin de la présence et de la participation de tous ceux qui le peuvent, car le chemin est encore long jusqu’à la trêve de l’hiver. Qui se lèvera pour les rejoindre ?

Que ceux qui les dénigrent et méprisent la vie de ces seigneurs des montagnes que sont les bouquetins en prennent de la graine. Ils méritent notre respect, un respect que les basses vindictes de gens cloisonnés dans leurs croyances limitées et leur refus du dialogue ne peuvent amoindrir.

Les troupeaux sont redescendus dans leur quartiers d’hiver, les carillons légers des clarines s’est éteint, il ne reste guère là-haut que la faune sauvage. Qui parmi eux aura survécu au printemps ? Les risques de contamination aux troupeaux domestiques sont écartés pour un temps. L’urgence décrétée n’existe plus. Peut-être que cette pause hivernale permettra de rétablir un dialogue entre les principaux protagonistes, bien que cela semble peu probable, vu la position déclarée du préfet.

Quand on a la chance de s’approcher de ces beaux spécimens de la vie sauvage de nos montagnes que sont les bouquetins, on réalise soudain à quel point ils sont réels, exsudant la noblesse et la puissance dans ce milieu naturel, mais aussi combien fragiles. Ce n’est plus seulement de belles images que l’on consulte chez soi dans son canapé, il vivent et occupent l’espace d’une présence magique.

Paradoxalement peut-être, cela fait ainsi penser à la douleur que bien des éleveurs ont rencontré devant leur étables devenues vides lors de terribles épizooties récentes telles que celle de la fièvre aphteuse, eux qui ont vu l’abattage (malgré les possibilités de soins vétérinaires) à grande échelle de troupeaux entiers, eux devraient comprendre ce que les défenseurs des bouquetins ressentent et devraient accepter la discussion car enfin que demandent les défenseurs du Bouquetin ?

  1. de se débarrasser de la brucellose
  2. de préserver les bouquetins sains
  3. de tester un vaccin sur les animaux préservés.
    On voit bien qu’il s’agit là du même combat : celui de sauvegarder la vie et la coexistence des animaux dans un contexte apaisé et apaisant.

Mountain Wilderness soutient cette initiative citoyenne pour la défense des Bouquetins du Bargy.

- En savoir plus sur l’affaire des bouquetin du Bargy : Contre l’abattage aveugle des bouquetins du Bargy !

Par Bernard Marclay, administrateur de Mountain Wilderness

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