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JO d’Annecy : CIPRA France se retire du Conseil "orientation développement durable et environnement"

20 janv. 2011

CIPRA France avait pris la décision de ne pas être a priori "contre" les JO, ni de soutenir particulièrement Annecy, ville désignée par le CNOSF pour représenter la France dans la course aux Jeux Olympiques de 2018.
Cependant, CIPRA France avait accepté de faire l’analyse du dossier de la candidature savoyarde à la lumière de la Convention alpine, afin de peser pour que le projet français tienne ses promesses en matière sociale et d’environnement (Le rapport portait d’ailleurs en sous-titre "Les JO doivent s’adapter à la montagne et non l’inverse"). Fin 2009, le président de CIPRA France rejoignait le Conseil d’orientation, développement durable et environnement (CODDE) d’Annecy 2018 dans le même esprit : contraindre le comité d’organisation à respecter son objectif affiché de faire des JO un évènement aussi respectueux de l’environnement que possible.
Las, les obligations de résultats et la realpolitik du comité d’organisation ont ruiné les bonnes intentions affichées (confirmant d’ailleurs l’analyse initiale de CIPRA qui notait dans son rapport "Les critères du CIO ne favorisent pas, avec une note de 2/35, la rentrée en force des critères environnementaux.").
Au vu de la non prise en compte de ses préconisations, CIPRA France vient donc de claquer la porte de ce CODDE, en s’en expliquant dans le communiqué ci-dessous :
« Dès la création du Conseil d’Orientation Développement Durable et d’Environnement (CODDE) en décembre 2009, le Comité d’organisation des JO d’« Annecy 2018 » y a convié CIPRA France. Le Conseil d’Administration de CIPRA France avait alors répondu positivement à cette invitation en considérant que notre organisation ne pouvait pas se désintéresser de l’organisation des JO d’hiver. Il s’agit en effet d’un évènement à fort retentissement dans la population et dont nous pourrions voir les effets sur l’environnement.

Par sa participation au CODDE, CIPRA France a donc refusé la politique de la chaise vide. Nous avons considéré qu’en cas d’aboutissement de la candidature d’Annecy, nous devions agir pour que ce projet ait le moins d’impacts possibles tout en obtenant des compensations environnementales significatives.
Nous avons dès février 2010 remis à Monsieur le Maire d’Annecy un rapport présentant officiellement la position de CIPRA France.
En la personne de son Président Patrick Le Vaguerèse, CIPRA France a assisté à toutes les réunions du CODDE sans exception : c’est donc en connaissance de cause que notre organisation s’en retire aujourd’hui.

Le CODDE a été informé du contenu du projet final de candidature en novembre 2010 quasiment en même temps que les médias, avec l’affirmation que ce projet était définitif et non modifiable ! Nous considérons donc que la participation à un conseil d’orientation(s) qui ne peut pas en faire est un marché de dupes !

Au-delà de ce vice fonctionnel, nous avions demandé que le comité d’organisation s’engage à soutenir les compensations environnementales suivantes :
- Classement du Mont-Blanc au patrimoine mondial de l’UNESCO,
- Classement de la vallée des Confins dans les Aravis - classement inscrit dans deux autorisations UTN du Grand Bornand et de La Clusaz mais jamais mis en oeuvre depuis 15 ans !
- Préservation de la plaine du Mont-Blanc en territoire agricole,
- Classement du Semnoz.
Ces compensations environnementales ne coûtaient pas UN EURO, il aurait seulement été nécessaire que le Comité use de son influence pour que les élus concernés fassent avancer ces dossiers. Et pourtant, aucune démarche dans ce sens n’a été entreprise et le dossier de candidature est resté muet sur le sujet. CIPRA France tient d’ailleurs à faire remarquer que ces compensations environnementales auraient très certainement servi positivement le dossier d’Annecy.

De plus, le dossier de requérance d’Annecy insistait sur l’utilisation d’installations déjà existantes mais nous avons dû constater que ce n’était pas le cas dans le projet final. On peut ainsi mentionner les sept nouvelles installations de glace qui devraient être créées spécialement pour les JO. C’est là un gâchis énorme que nous ne pouvons accepter, particulièrement criant en période de crise.

Compte tenu de ces constatations, le 13 janvier 2011, le Conseil d’Administration de CIPRA France a décidé à l’unanimité de se retirer du Conseil d’Orientation Développent Durable et Environnement (CODDE) du projet Annecy 2018.
Patrick Le Vaguerèse, Président de CIPRA France »


http://www.comiteantiolympiqueannec...

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