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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

L’utilisation de l’hélicoptère et les vols de loisirs dans les Alpes

22 mars 2010

Le 9 décembre 2009, Cipra France, la FFCAM et Mountain Wilderness France organisaient à Chambéry un séminaire international d’échanges sur un phénomène qui, bien que relativement circonscrit, est susceptible de créer localement d’importantes nuisances. Il est certain en tout cas qu’il génère également des passions...
 
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Plus de 90 personnes, issues de la sphère des utilisateurs d’hélicoptères ou des milieux environnementaux montagnards, mais aussi de l’administration (Ministère en charge de l’Environnement, OFAC3, DREAL4, Gendarmerie, garde de réserve naturelle, etc.) c’est-à-dire les principaux acteurs concernés par le sujet, on participé à cette journée. On notera cependant une très faible présence d’élus, de juristes et l’absence des moniteurs de ski et de l’ESF5. On regrettera plus particulièrement l’absence d’une intervention d’un représentant de la Direction Générale de l’Aviation Civile française qui dans un premier temps avait toutefois validé sa présence.

Malgré l’emportement de René Romet, légende du secours en montagne (« Vous voulez tuer l’hélicoptère !!! »), les débats ont été calmes, et chacun à pu faire état de son expérience et de sa connaissance du sujet. Il a cependant été clair que chaque camp campait sur ses positions : les uns, arguant d’un nécessaire équilibre financier a trouver pour leurs activités, défendaient la pratique au nom du droit à aller et venir où et comment bon leur semble, y compris en méconnaissance des lois (on a beaucoup entendu parler de la Directive montagne de 1977, qui permettait les déposes à moins de 1600 m d’altitude. Or, la Loi Montagne, puis maintenant le Code de l’environnement, ne reprennent pas cette distinction : les déposes sont aujourd’hui interdites en dessous de 1600m.) Les autres, tenant d’une certaine éthique des pratiques de montagne, dénonçaient une marchandisation de la montagne, accompagnée de « bruit et de fureur. » Le gardien du refuge du Promontoire, situé dans un parc national interdit de survol, témoignait ainsi des réactions de nombre de guides et clients : « on est bien ici, il n’y a pas d’avions, d’hélicos ; un sentiment de zénitude, on est en montagne ! ».

Si personne n’envisage de remettre en cause l’hélicoptère, dont le rôle pour les secours en montagne, la réalisation de travaux ou le ravitaillement des refuges est incontestable, il semble cependant nécessaire aux associations organisatrices que, au regard des nuisances constatées et de leur intérêt économique anecdotique, soient prises, sous l’égide de la Convention alpine, des mesures fortes de réduction de l’héliski et des vols panoramiques dans les montagnes d’Europe.


Pour en savoir plus...
MW France a publié, en collaboration avec CIPRA France et la FFCAM, un document sur les loisirs motorisés aérien. Voir ici.
Vous pouvez également vous procurer le livre de Jennifer Heuck « L’utilisation des hélicoptères à des fins de loisirs en montagne - Analyse juridique en France et dans le monde » auprès de Cipra France : france@cipra.org

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