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La Savoie confirme la priorité de l’accès routier aux stations

8 mars 2005

par Hugues Thiébault

Dans le numéro 61 de notre revue, nous avions affirmé que, contrairement à d’autres départements, celui de la Savoie continuait à miser l’essentiel de son avenir économique sur le ski mécanisé. Nous en avions donné pour exemple les choix budgétaires du Conseil Général, qui écrivions nous alors, étaient fortement orientés vers l’amélioration de la desserte des stations de ski mécanisé.

 

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Cela nous avait valu une lettre de critique de la part de Monsieur Michel Bouvard, député de Savoie, qui contestait nos affirmations en mettant en avant que les orientations d’une collectivité locale ne pouvaient être analysées à partir d’un budget supplémentaire, ce dont nous lui donnons volontiers acte.

Mais l’examen du budget primitif du Conseil Général de Savoie, présenté le mois denier, confirme nos craintes. Le poste Infrastructures routières et Transports s’élève à 75 M Eu., soit 19 % du budget total. Mais surtout, c’est le poste qui enregistre la plus forte augmentation, 15 % en un an (La Vie Nouvelle n° 1132, 10 février 2005). Sur cette somme, 18,3 M Eu. vont au Plan Qualité Route, dont l’objet est « prévenir les risques liés aux aléas climatiques et géologiques et améliorer la desserte des stations » (Savoie Mag, Le magazine du Conseil Général de la Savoie, n°14, février 2005), et 6 MEu. pour les aménagements des voies d’accès au domaine des Sybelles (La Vie Nouvelle, ibid.). A côté, les 1,7 M Eu. consacrés aux actions en faveur des deux roues (La Vie Nouvelle, ibid.) font pâle figure.

Nous ne sommes pas, par ailleurs, les seuls à nous inquiéter de ces orientations budgétaires, puisque Thierry Repentin, président du groupe « Savoie pour Tous » au Conseil général a regretté la faiblesse des mesures concernant les modes de transport autres que la route : « Aujourd’hui, on nous propose de continuer dans le quasi 100 % routier, nous allons vraiment à contre-sens » (La Vie Nouvelle, ibid.).

Ce n’est donc pas demain que vont disparaître les encombrements de Chambéry lors des départs et retours des vacanciers dans les stations de ski mécanisé, et les milliers de voitures qui contribuent, en processionnant en directions des pistes, au réchauffement de la planète et à la disparition progressive de la neige, ont encore de beaux jours devant elles.

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