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Cynorrhodon
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Le gypaète barbu est de retour sur le Vercors !

31 août 2011

Focus sur le programme de réintroduction mené par le PNR du Vercors à travers une interview de Benoit Betton, Chargé de mission biodiversité au PNR du Vercors.

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© Thibault RONY

Mountain Wilderness : Pourquoi réintroduire le gypaète barbu ?
Benoit Betton : Le gypaète barbu est de retour dans les Alpes depuis la fin des années 80 après avoir disparu, chassé par la main de l’Homme, il y a une centaine d’années. Ce retour se concrétise notamment grâce à la Fondation pour la Conservation des Vautours (FCV) qui a initié des programmes de réintroduction de cette espèce dans l’arc alpin.
25 ans après, cette espèce est toujours considérée comme menacée. Un Plan National d’Actions (PNA) a été rédigé avec pour objectif de rendre viable la population alpine de Gypaètes barbus. Ce PNA est mis en œuvre depuis le printemps 2010 et comprend des actions de préservation de ses habitats, de réduction des facteurs de mortalité, ... et de nouveaux projets de réintroduction.

MW : Pourquoi sur le massif du Vercors ?
BB : Réintroduire ces oiseaux sur le Vercors, c’est espérer créer un noyau de couples reproducteurs sur ce massif pré-alpin et ainsi étirer l’occupation de cette espèce à toutes les Alpes. Mais c’est surtout espérer voir la création d’un « corridor » avec les Pyrénées où la population de gypaètes est déjà stable.
Le Vercors est avant tout une terre d’accueil idéale pour cet oiseau, puisque toutes les conditions y sont réunies. En effet, ce massif calcaire offre d’innombrables falaises avec cavités pour créer des foyers d’accueil pour ces oiseaux et de vastes éboulis et dalles rocheuses favorables au cassage des plus gros os (base de l’alimentation du Gypaète).
Les influences climatiques du massif ont aussi leur rôle en créant des conditions aérologiques favorables à ces oiseaux planeurs.
Le Vercors accueille également de grandes quantités d’ongulés pouvant leur permettre une alimentation riche et variée lorsque ceux-ci meurent en montagne. Moutons, chamois et surtout le bouquetin sont les sources préférentielles de nourriture du gypaète.

MW : Quel est le rôle du Parc naturel régional du Vercors ?
BB : Le PNR du Vercors a pris les choses en main pour mener à bien ce projet de réintroduction. Son expérience et son savoir-faire, acquis au cours des différents projets de réintroductions du Bouquetin des Alpes et du Vautour fauve, sont des atouts indéniables pour optimiser les chances de réussite.
Ce programme marque une nouvelle fois l’engagement des élus du territoire pour la restauration de la biodiversité perdue du massif. En effet, si le Vercors peut considérer sa biodiversité comme exceptionnellement riche, avant ces différentes réintroductions, le massif était dépourvu d’une partie de cette grande faune qui colonise les milieux rocheux et de falaises...
La capacité du parc à fédérer le territoire, ses habitants et ses partenaires est également un élément fort pour l’appropriation de ce projet.

MW : Ou en est le programme de réintroduction du gypaète après deux années consécutives de lâchers ?
BB : Le programme de réintroduction prévoit des lâchers de jeunes gypaètes tous les ans, et ce pendant 5 ans. Les trois premiers oiseaux qui ont été confiés au Parc du Vercors, ont été lâchés au mois de juin 2010. Deux autres ont suivi leurs aînés cette année.
Jusqu’à présent tout se déroule à merveille : les oiseaux ont fait leurs premiers vols sur le territoire, y ont assuré la fin de leur développement et pour les premiers lâchés, sont déjà partis à la découverte les Alpes ! Les gypaètes lachés cette année découvre encore le Vercors, pour le moment...
 
- Pour en savoir plus sur les déplacements de ces oiseaux équipés de GPS, comme sur le programme de réintroduction, nous vous invitons à venir visiter le site Web du PNR Vercors
- Vous pouvez également vous renseigner sur le blog du Parc
- Découvrez un article sur le gypaète barbu, paru dans la revue n°88 de Mountain Wilderness (p.4)
 

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