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Le projet de carrière à Saint-André d’Embrun en sursis

2 mai 2013

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Le dossier de la carrière de Saint André d’Embrun suit son cours... de report en report. La décision qui devait être prise pour le 15 avril puis pour le 30, vient une nouvelle fois d’être reportée ! Le commissaire enquêteur devrait finalement rendre sa décision au 30 mai prochain. Retour sur ce dossier :

L’enquête publique de la carrière de St André d’Embrun, au lieu-dit « La Cabane », au bord de la Durance, à côté de la fameuse vague du Rabioux, avait débuté en février 2012. Projet ignoré de tous ou presque, La Routière du midi espérait bien démarrer l’exploitation dès le mois de novembre. Mais c’était sans compter les nombreux sursis à statuer successifs du préfet qui repousse sa prise de décision au 30 mai prochain. La contestation de dernière minute de centaines de citoyens opposés au projet avait été entendue. Une participation record pour une enquête publique dans les Hautes- Alpes, appuyée par les avis défavorables de deux communes, Embrun et Châteauroux-les-Alpes. Monsieur Quastana, le préfet des Hautes-Alpes avait, en outre, dès le mois de mai de l’an passé, été alerté par une coordination d’organismes représentant les pêcheurs, les professionnels et les amateurs de sports d’eau-vive, des défenseurs de l’environnement et du patrimoine, rejoints ensuite par un syndicat agricole.

Ces derniers se sont réunis à Embrun au cours du mois d’avril pour finaliser un document de 37 pages réunissant les arguments mettant en évidence un nombre important d’irrégularités dans ce dossier épineux. En voici les conclusions :

  • Le projet n’est pas en cohérence avec le code de l’environnement, les réglementations sur l’eau et les espèces protégées.
  • Ce projet repose sur un Schéma des carrières – prévoyant entre autre les besoins du département en matériaux – obsolète, datant de 2007.
  • Il serait urgent d’attendre les conclusions du Contrat de bassin versant Serre-Ponçon Haute Durance, en phase d’« émergence », étude qui tarde étrangement à sortir des cartons et qui doit définir les espaces de mobilité de la Durance !
  • En plus de ses carences réglementaires, le dossier n’est pas mieux adossé à la légitimité qu’on pourrait attendre d’un tel projet aux enjeux environnementaux, socio-économiques et culturels très forts, concentrés sur le sillon d’une rivière alpine patrimoniale, reconnue au niveau international.
  • L’ouvrage de franchissement de la Durance s’expose à de fortes crues pouvant entraîner des matériaux au fond de la rivière, rendant ainsi la navigation dangereuse. On ne peut oublier les deux accidents mortels de ces dernières années, occasionnés par des barres de fer cachées au fond de la Durance.
  • Enfin, le préfet peut-il raisonnablement autoriser l’évacuation des matériaux sur une route interdite aux poids lourds par l’arrêté municipale de la commune de Châteauroux les Alpes ?

Affaire à suivre !

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