Crédits photos

Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Papier Glacé

23 mai 2014

Par Coralie Berhault-Creuzet

JPEG - 117.8 koIl m’aura fallu dix ans pour sortir ce petit livre de l’absence et de l’amour…
Bien sûr, j’ai écrit d’autres poèmes au fil des ans, mais la peine était encore trop vive, trop brutale pour me permettre d’être juste.
Ce n’est pas qu’aujourd’hui j’ai moins de peine, c’est que je la regarde en face, sans haine… Alors ce livre est né d’un apaisement, d’une lumière.

Cela faisait longtemps que je savais que j’écrirai quelque chose sur mon père, à ses côtés. Non pas une biographie, pas quelque chose d’impudique, mais quelque chose que je serai seule à pouvoir écrire, que personne ne pourrait me voler. Quelque chose que j’aurai décidé de partager par amour pour mon père et pour le reste du monde…

Car il ne s’agit pas ici simplement de Patrick, Flore ou Coralie Berhault : cette souffrance nous l’avons en commun avec beaucoup de gens.
C’est un livre qui ne s’adresse pas non plus seulement au milieu de la montagne, mais à toutes les personnes qui connaissent l’absence… autant dire, un jour ou l’autre, le monde entier. Parce que, dans le fond, nous sommes tous un peu orphelins...

Et c’est un livre qui, au-delà de la peine, de la colère, veut aussi dire la joie de vivre et exprimer de la gratitude. Car si mon père m’a enseigné la perte, il m’a aussi appris à goûter la vie, l’aimer, la reconnaître… Pas de frontière entre l’Homme et la Nature, source perpétuelle d’émerveillement, des plus grandes aux plus petites manifestations.

(J’en profite ici pour remercier Mountain Wilderness pour son travail concret d’éveil des consciences, sans quoi la montagne serait défigurée...)

Pour descendre aussi loin dans mon être, je ne connais que la poésie. Elle est pour moi un langage naturel, direct, authentique, l’écho pur de notre musique intérieure… Le chemin le plus court qui mène au cœur de l’Homme.

Et puis, naturellement, dans le livre se sont glissées ces photos que j’avais rangées dans un coin de ma mémoire : celles de la dernière pellicule. Des photos qui, pour certaines, m’ont toujours étonnée, mêmes rassurée, car elles sont presque mystiques… Disons que sur ces photos on voit qu’il se passe quelque chose.

Bref, Père Éternel est pour moi une fin et un commencement.
Une promesse enfin tenue.
Une porte ouverte sur la passé, le présent et l’avenir… tout à la fois un pas vers vous et moi.

Pour finir, je tiens à remercier les éditions Milathéa pour leur intérêt, leur travail et leur efficacité. Grâce à elles, mon texte est devenu un album à la fois intime et sauvage, personnel et à la portée de tous…

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