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© Gonzalo Ossa

Pas d’extension de station pour le Collet d’Allevard !

27 févr. 2013

JPEG - 40.4 koA l’occasion du remplacement d’un télésiège ayant fait son temps, la station du Collet d’Allevard, dans le massif de Belledonne en Isère, prévoyait d’étendre son domaine skiable sur le versant du Clapier.

La Frapna et Mountain Wilderness s’étaient saisies de ce dossier, inquiètes des impacts susceptibles d’être portés sur ce versant vierge d’équipements, inscrit à l’inventaire des ZNIEFF (zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique), riche de zones humides et des espèces associées, zone refuge de la faune qui y a été repoussée par les équipements de la station.

Outre ces impacts environnementaux, nous dénoncions dans nos contributions à l’enquête publique l’insuffisance de l’étude d’impact (qui avait également été relevé par l’autorité environnementale) et le manque de mesures compensatoires. Nous nous étonnions également que ce dossier n’ait pas fait l’objet d’une instruction au titre des « Unités touristiques nouvelles ». Du point de vue réglementaire, nous notions aussi l’incompatibilité du projet avec le Schéma directeur de la région grenobloise, la zone vierge concernée se situant en « espace d’intérêt écologique et sites naturels classés ».

Les deux associations ont rencontré les gestionnaires de la stations et les élus du territoire, et proposé des pistes alternatives, mais les porteurs du projet n’a pas souhaité en tenir compte.
Les travaux démarrant, des zones humides étant impactées, la Frapna a porté plainte devant le tribunal administratif de Grenoble, Mountain Wilderness apportant son soutien dans ses domaines de compétences (lire ici).

Le 12 février 2013, le tribunal administratif a rendu son jugement et annule les autorisations d’exécutions de travaux et d’aménagement du domaine skiable. Le juge aura retenu « l’insuffisance manifeste de l’étude d’impact » et le manque de mesures de compensations, en particulier en faveur du tétras-lyre. Il a également fondé sa décision sur l’absence d’instruction au titre des Unités touristiques nouvelles, considèrant « que le projet de télésiège du Clapier, qui contrairement à ce qu’affirme le SIVOM du Collet d’Allevard, ne constitue nullement un simple remplacement du télésiège des Plagnes eu égard à l’implantation de la gare de départ sur un versant totalement distinct et à la création d’une piste qui l’accompagne, doit se voir appliquer les dispositions de cet article [le L. 145-9 qui prévoit qu’un tel aménagement est considéré comme une UTN] ».

Enfin, le juge écrit : « Le projet tel qu’il a été autorisé par les décisions en litige porte à la qualité des sites et aux grands équilibres naturels une atteinte telle qu’il contrevient aux dispositions du IV de l’article L. 145-3 du code de l’urbanisme. » Rappelons que cet article reprend les dispositions de la loi montagne visant à cadrer le développement touristique et, en particulier, la création d’une unité touristique nouvelle : « Leur localisation, leur conception et leur réalisation doivent respecter la qualité des sites et les grands équilibres naturels » . Comme nous le disions, ce n’est visiblement pas le cas ici.

Reste maintenant à la station, cette décision étant prise, à réfléchir sereinement à des modalités de remplacement du télésiège obsolète dans le périmètre du domaine skiable actuel. Et dans l’esprit voulu par la Directive territoriale d’aménagement des Alpes du Nord : « Pour limiter les impacts des domaines skiables sur les espaces naturels et les paysages, les restructurations de ces domaines se feront à l’intérieur de l’enveloppe existante du domaine skiable : elles devront contribuer à améliorer la qualité de l’offre et la sécurité, sans incidence notable sur les milieux naturels, les paysages et la ressource en eau. »
Nous en avions discuté avec elle avant ce jugement, nous sommes toujours disponibles.

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