Crédits photos

Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Petit Cervin : un aménagement inacceptable !

31 janv. 2007

Communiqué de Mountain Wilderness International

Qui rêverait jamais d’imposer à la coupole de Brunelleschi une antenne radio, ou de la transformer en restaurant tournant dominant la ville de Florence ? Quelqu’un doté d’un minimum de sensibilité civique et culturelle ne pourrait pas imaginer un tel sacrilège.

Le show business, le tourisme de l’étonnement, le désir toujours croissant de conquête, la nécessité d’épater, au contraire, ne garantissent pas une semblable sensibilité en ce qui concerne les monuments normaux, encore moins les montagnes, symboles de nos Alpes. De Suisse, en particulier de Zermatt, alarmantes, d’incroyables nouvelles sont arrivées : il est prévu de construire sur le Petit Cervin, au-dessus d’une grande plateforme, une énorme tour de 117 mètres de haut, visible de toutes les Alpes, équipée d’un restaurant, d’un hôtel, d’un centre commercial et de services de tout type, qui pourraient être atteints avec un audacieux nouveau téléphérique amélioré. Une tour qui dominerait les glaciers et constituerait un nouveau haut lieu du tourisme spéculatif.

On nous dit que le projet doit créer de la magie, apportant également à la Suisse sa Tour Eiffel, un symbole international qui ajouterait aux Alpes un nouveau 4 000 mètres, le premiers 4 000 artificiel. Mountain Wilderness pense que si une structure semblable est réalisée, elle détruirait de manière irrémédiable la magie du groupe du Cervin, ajouterait aux Alpes une nouvelle offense et une humiliation comparables en gravité à celle existant sur le Mont Blanc avec le grand téléphérique de l’Aiguille du Midi. Les Alpes seraient rabaissées par une structure qui violerait toute éthique, toute valeur que l’homme a laborieusement construite pendant des siècles de fréquentation de la montagne.

L’association s’opposera immédiatement à ce plan insensé, le portant à la connaissance et donc à l’attention de toutes associations alpestres et de trekking, de sorte que puisse être créé un mouvement international d’opposition qui empêcherait la réalisation de ce nouveau monstre de haute altitude, parce que se renforce dans la société civile une culture qui reconnaît et trouve encore en nos montagnes ces valeurs que la société de la consommation dévalue rapidement, parce que les Alpes restent un espace intérieur où l’homme peut encore trouver des moments intimes et vivre encore des expériences que la vie quotidienne déconseille de plus en plus fréquemment.

Patrick Gabarrou, Coordonnateur international, Mountain Wilderness
Fausto De Stefani, Président, Mountain Wilderness Italie
Jean Pierre Courtin, Président, Mountain Wilderness France

Diffuser cet article :


Partager