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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Pour une montagne à vivre

27 janv. 2016

Le 20 janvier dernier, deux travailleurs saisonniers et leur chien sont morts dans leur camion au parking des Grands-Montets. Un dysfonctionnement de leur appareil de chauffage a entrainé leur intoxication...

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Photo de la série "En attendant que la neige fonde"
© Laure Maugeais - www.lauremaugeais.com

Par Frédi Meignan, président de Mountain Wilderness France

Fortes, très fortes pensées pour eux deux...
Grande tristesse de mourir ainsi...
Accident tragique, oui certainement.
Nos deux collègues saisonniers sont-ils morts pour le tourisme ?
Où, de ce tourisme-là ?
Faut-il retenir une sourde colère intérieure ?

Nos métiers en montagne sont souvent faits de passion. Nous aimons ces extraordinaires territoires de beauté, de grandeur et d’humilité. Nous sommes des passeurs de passion, nous ouvrons les portes des montagnes à des millions d’êtres humains, les portes de cet autre monde, ce monde de vraie nature, ce monde où l’homme peut s’émerveiller, où l’on se ressent tout petit bonhomme sur cette planète fabuleuse et fragile, où l’on réalise mieux, qui nous sommes mais aussi, la force de l’entraide, la force de la solidarité, la force du respect des autres et de cette nature qui nous accueille.
Des métiers de rêve, parfois rudes mais sacrément porteurs de sens.
En colère oui...

Que dire de cette conception économique actuelle, et son tourisme enfermé dans une course folle sur un modèle quasi unique ? Un modèle qui en fait, utilise les montagnes, utilise la nature, utilise les hommes et nos métiers.... et qui trop souvent, abîme, maltraite, parfois détruit ces richesses naturelles, ces passions humaines.
Au profit de quoi, de qui ?

Partout dans le monde les montagnes inspirent le respect.
Ce respect devrait être la base fondamentale de nos relations, la base du tourisme, la base de la vie économique dans ces territoires exceptionnels. Nos métiers, notre vie en montagne devraient placer le respect des hommes et de la nature au cœur de tout.
C’est la condition pour que les êtres humains puissent continuer s’émerveiller dans nos montagnes.

Courage à tous.

Portons une montagne à vivre, respectueuse de ceux qui y vivent et de ceux qui en vivent

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