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© Gonzalo Ossa

Quel avenir pour les Parcs nationaux ?

28 oct. 2012

De nouvelles règles pour les Parcs nationaux

JPEG - 29.4 koLa loi Giran de 2006, en modifiant la loi de 1960 créant les Parcs nationaux en France, faisait le constat du relatif échec des zones périphériques, et proposait des solutions pour une meilleure appropriation des parcs par les résidents et tous les acteurs de leur territoire.
Le moyen : les chartes (à l’image de l’expérimentation réussie d’une charte de l’environnement et du développement durable dans le Parc national des Écrins), et la transformation de ces zones périphériques en zones d’adhésion à ces chartes.

Le risque existait (nous le craignions à l’époque) d’un désengagement de l’État, d’une « PNR-isation » des Parcs nationaux. Les PNR, Parcs naturels régionaux, sont en effet avant tout des outils de développement et de mise en valeur des territoires, bien plus que des outils de protection, rôle prééminent que doivent garder les Parcs nationaux.

Le travail a néanmoins eu lieu, les chartes ont été élaborées dans la concertation. Les conseils d’administration, remaniés par la loi Giran pour donner une place et un pouvoir décisionnel renforcés aux élus locaux, représentants de leurs territoires, ont validé les textes.

Un rejet franc et massif de l’idée même de protection
Mais les premiers retours des communes devant adhérer à ces chartes sont négatifs, en particulier en Vanoise où aucune commune n’a émis d’avis favorable à la charte. Toutes l’ont rejetée !
Ces élus, qui avaient vu dans la nouvelle charte une opportunité de ressortir tous les projets d’aménagement que leurs communes avaient portés depuis plus d’un demi-siècle, y compris ceux qui n’avaient aucune chance d’aboutir, craignent que la charte, en particulier à travers la cartographie des zones de vocations qui lui est associée, ne gèle ces projets. Les consultations et travaux de groupes ont également réveillé des oppositions aux contraintes d’usages dits traditionnels en zone de cœur (chasse, cueillette, circulation, pastoralisme, rénovation et extension de bâtiments, etc). D’où un refus en masse...

Et pourtant elle n’est pas bien ambitieuse, la charte de la Vanoise, vis-à-vis de ces questions d’aménagement et d’extension de domaine skiable. En fait, pour tous « ces sujets qui fâchent », elle renvoie même au droit commun : on fera dans la zone d’adhésion du parc comme ailleurs en France. Mais c’est encore trop pour ces élus locaux qui revendiquent la liberté totale de faire ce qu’ils veulent « chez eux. »

La nécessité d’un État engagé pour une protection forte de ces territoires d’exception
La Ministre de l’écologie, Delphine Batho, a annoncé lors du congrès annuel de la Fédération nationale des Parcs naturels régionaux que le gouvernement souhaite porter de 14 % à 20 % d’ici à 2020 la superficie du territoire français couvert par des PNR. "Notre ambition est de faire de ces parcs le fer de lance de notre politique en matière de biodiversité. Des territoires d’excellence du développement local", a expliqué la ministre. Elle a également affirmé « que chaque citoyen a droit à la nature, que chaque citoyen doit être sensibilisé et se sentir responsable du sol, des forêts, des cours d’eau, du littoral, des paysages. Voilà ce que la République doit aussi savoir garantir à chacun. » Outre le risque de banaliser le label PNR, ces outils de développement ne peuvent se substituer à un engagement fort de l’État lequel, depuis 50 ans, réside bien dans le maintien des fondamentaux des Parcs nationaux. Ce sont en effet dans les composantes et le caractère exceptionnel des Parcs nationaux que l’on retrouve l’essence de ces missions.

Le retour en arrière et les blocages que l’on observe partout nous emmènent bien loin des fondamentaux des parcs nationaux décrits par Jean-Pierre Giran, président de Parcs nationaux de France : « Le classement d’un parc national manifeste une volonté politique de donner une forte visibilité nationale et internationale à cet espace, d’y mener une politique exemplaire et intégrée de protection et de gestion, mais aussi d’éducation à la nature et de récréation, et de transmettre aux générations futures un patrimoine préservé ».

A nous de montrer notre volonté !
C’est clairement cette mission des Parcs NATIONAUX qu’il faut défendre aujourd’hui. L’enjeu est bien national et doit faire fi des appétits locaux : mobilisons-nous tous pour sauver les Parcs nationaux ! Car le risque est grand que la Vanoise ne soit que le premier domino à tomber.
La première réaction a été celle d’Yves Paccalet, administrateur du Parc national de la Vanoise. Il a lancé une pétition demandant aux élus locaux de prendre leurs responsabilités et d’adhérer à la charte pour préserver ce « patrimoine commun des Alpins, des Français, des Européens, des citoyens du monde, notamment de ceux qui sont encore à naître. »

Mountain Wilderness quant à elle, a appelé les autres associations de protection de la nature et de pratiquants d’activités de montagne à se mobiliser pour la défense des Parcs nationaux le 12 décembre prochain, lors d’une conférence de presse à l’assemblée nationale (Paris), de 18h à 20h.

- Participez à la conférence de presse
- Signez la pétition pour la Vanoise

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