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Quid de la pollution de l’air en vallée de Chamonix

12 juin 2015
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L’ARSMB [1], Environn’Mont-Blanc et proMONT-BLANC (représentée par Mountain Wilderness), associations impliquées dans la protection de l’environnement, de la santé et de la qualité de l’air dans les vallées françaises du massif du Mont-Blanc, ont répondu présentes à l’invitation de la commission d’enquête sénatoriale sur le coût économique et financier de la pollution de l’air, le mardi 10 juin dernier à Chamonix.

A cette occasion, elles ont fait part de leurs préoccupations concernant la pollution de l’air aussi bien au niveau planétaire qu’à l’échelle locale, en traitant du cas bien spécifique de la vallée de l’Arve.Il a été rappelé que l’Organisation mondiale pour la santé (OMS), dans sa dernière étude [2], évalue l’impact économique de la pollution à 10 à 12 % du PNB des 53 pays de la zone Europe. En France, le coût de la pollution sur la santé est évalué entre 0,9 et 1,8 milliards d’euros par an.

Du fait de sa situation et de sa configuration géographique particulière, la vallée de l’Arve (qui s’étend de Genève à Chamonix) subit des pics de pollution importants dépassant fréquemment les seuils maximum définis par l’Europe. Bien que des mesures importantes de correction soient mises en place sur le plan local, les associations estiment que l’État ne se soucie pas suffisamment de cette importante problématique de santé publique et ce malgré une aggravation de la situation (principalement du fait des chauffages individuels, des transports et de l’industrie).

Outre ces aspects de santé publique, nos associations ont particulièrement attiré l’attention sur les aspects négatifs pour l’industrie du tourisme en raison d’une image de la région perçue comme se dégradant, relayée couramment par les médias. En effet, l’économie de la vallée est grandement dépendante de l’image de son tourisme, orienté vers le bien-être, la pureté et les sports de nature rattachés à l’imaginaire collectif véhiculé par le mont Blanc.

Alors qu’un effort considérable est fait pour faciliter les déplacements en mobilité douce dans les vallées, l’accès à certaines d’entre elles (notamment celles de Chamonix) requière une utilisation obligatoire des véhicules individuels, le réseau ferroviaire étant en complet décalage avec les besoins et les réalités. Il est ainsi impératif de mettre en place des solutions appropriées à ce bassin de vie qui rassemble plus de 550 000 habitants et qui se trouve en forte croissance. La réalisation du projet de liaison transfrontalier CEVA (Cornavin–Eaux-Vives–Annemasse), reliant le réseau ferroviaire du grand Genève à la Haute-Savoie, devrait permettre des dessertes vers les vallées en cohérence avec les besoins des populations.

En ce qui concerne le transport de fret (en moyenne + de 1500 poids-lourds transitent par le tunnel du Mont-Blanc chaque jour), les associations voudraient voir l’élaboration et l’application d’une stratégie globale de ferroutage pour le trafic desservant les axes alpins, permettant la diminution du trafic des poids-lourds dans les vallées, en particulier dans celles du Mont-Blanc.

Une autre piste de progrès est possible : les industries. A ce jour elles évaluent et déclarent elles-mêmes à l’Etat les émissions de polluants produites par leur activité. Il est impératif qu’à long terme des critères objectifs soient développés et qu’un contrôle indépendant des émissions soit mis en place.

Les associations, reconnaissantes d’avoir eu l’opportunité d’être entendues dans le cadre de cette commission sénatoriale, espèrent vivement voir cette problématique de pollution atmosphérique enfin prise à bras le corps.

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