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© Gonzalo Ossa

Réponse des associations à la campagne d’information du Syndicat National des Téléphériques de France (SNTF) au sujet de la neige artificielle

16 janv. 2009

 
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{}Les associations CIPRA France*, la FFCAM*, la FRAPNA* et Mountain Wilderness France contestent cette campagne de presse qui contient des contre-vérités et des approximations, qui ont pour objectifs de redorer le blason de la neige artificielle et du modèle de développement des stations de ski.
La neige artificielle est avant tout le symbole de la pérennité de ce modèle, qu’il est temps de renouveler, et cache des problèmes d’aménagement du territoire bien plus impactants pour l’environnement. Elle soulève donc un débat plus large mais la campagne d’information du SNTF nous oblige à une démarche auprès de l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité** et à quelques réactions.
« La neige de culture n’est que de l’air et de l’eau et c’est tout ! » : FAUX. La fabrication de cette neige aura nécessité, en amont, d’importants travaux de terrassement pour l’implantation des canalisations ou des retenues collinaires, qui n’ont rien à envier aux chantiers autoroutiers.
« 100% de l’eau utilisée retourne à la nature » : VRAI, BIEN SUR ! Comme pour l’agriculture intensive ! Pour les canons, l’évaporation représente 10 à 30 % de la masse d’eau, ce qui, comme pour l’agriculture, est bien une PERTE pour le bassin versant. L’eau prélevée en un point est rendue en un autre avec 6 mois à 1 an de décalage, en une seule fois : essayez de ne pas boire pendant 6 mois pour ensuite vous abreuver à une lance à incendie ! C’est donc tout l’écosystème qui en prend un coup.
« L’énergie utilisée, d’origine électrique […] n’est pas productrice de gaz à effet de serre » : FAUX. Toute énergie fournie par EDF en hiver est constituée de 75% de nucléaire, 10% de fioul, gaz, charbon et seulement 15% d’hydraulique. Le facteur carbone Européen (consommation énergétique globale) est de 360 kg de CO2 par MWh électrique, soit environ 30 000 tonnes de CO2 émises par an, en France, pour la production de neige artificielle. Vous avez dit « zéro pollution » ?
« Aucun produit chimique n’intervient dans […] la neige de culture » : VRAI mais… il n’existe aucune interdiction légale à ce sujet. Si une station décide demain d’y avoir recours, elle pourra le faire en toute légalité. La porte reste donc toujours ouverte.
« […] La production de neige de culture obéit à des règles strictes » : FAUX. Aucune réglementation spécifique n’existe encore pour l’enneigement artificiel, même si la Convention alpine y fait référence de façon très restrictive. Seule la loi sur l’eau apporte un cadre sans aborder cette problématique en profondeur. Par exemple, il est possible de prélever 90% d’un cours d’eau pour alimenter une retenue, et les études d’impact ne sont pas toujours obligatoires. 
Nos Propositions
Les associations demandent donc, au profit de la saison hivernale qui débute, l’arrêt des travaux concomitants et que les principes suivants devant régir l’enneigement artificiel soient retenus :
- Intégrer le programme d’enneigement artificiel à chaque demande d’Unité Touristique Nouvelle (UTN), que ce soit au niveau Massif ou départements.
- Soumettre les équipements « canons à neige » aux commissions UTN avec des seuils (techniques, financiers) à définir (exemple : surface de pistes terrassées ne devant pas dépasser une certaine proportion de la surface totale de pistes, limite du volume des retenues).
- Interdire les constructions de retenues sur des zones à intérêt naturel, les zones de ZNIEFF, et notamment les zones humides, conformément aux mesures réglementaires de la loi sur l’eau pour protéger ces milieux sensibles.
- Conditionner l’autorisation de création de réserves collinaires à leur parfaite intégration au site.
- Mettre à l’étude un SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux) dès que le projet de retenue atteint 100 000 m3.
- Interdire le prélèvement direct sur le réseau d’eau potable à l’échéance 2012.
- Interdire définitivement l’utilisation d’adjuvants dans l’eau.
- Interdire le prélèvement d’eau sur torrent dès que le débit naturel passe en dessous d’un seuil calculé à partir du débit d’étiage.
- Rechercher l’économie des ressources en eau et en énergie sur l’ensemble du fonctionnement de la station.
La réglementation spécifique que nous demandons devra s’appliquer aux stations déjà équipées qui devront élaborer un programme pluriannuel de retour à un état environnemental plus satisfaisant et au respect des règles.
* CIPRA France : Commission Internationale pour la Protection des Alpes.
FFCAM : Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne.
FRAPNA : Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature.
**www.arpp-pub.org
Commission Internationale pour la Protection des Alpes – CIPRA France
M.N.E.I. / 5, place Bir-Hakeim / 38000 GRENOBLE
france@cipra.org / www.cipra.org
Contact : 04.76.48.17.46
Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne – FFCAM
24, avenue de Laumière / 75019 PARIS
www.ffcam.fr / u.ohlhauser@ffcam.fr
Contact : U. Ohlhauser 01.53.72.87.51
Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature – FRAPNA
17, rue Jean Bourgey / 69625 VILLEURBANNE Cedex
frapna-savoie@frapna.org / www.frapna.org
Contact : A.Collas / Frapna Savoie 04.79.96.02.21
Mountain Wilderness France
M.N.E.I. / 5, place Bir-Hakeim / 38000 GRENOBLE
france@mountainwilderness.org / www.mountainwilderness.org
Contact : 04.76.01.89.08 

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