Crédits photos

Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Stations : encore une qui veut se faire aussi grosse que le boeuf !

26 janv. 2011

JPEG - 65.9 koLa station de La Rosière, sur la commune de Montvalezan en Tarentaise, est liée à sa voisine italienne La Thuile par le col du Petit Saint Bernard, formant ainsi l’Espace San Bernardo, riche de « 160 km de ski sans frontière.  »

Cette liaison fourni à la station un argumentaire de choix pour aller à la pêche à la clientèle :« La Rosière est la seule station de Savoie à offrir un domaine skiable international de 160 km de pistes grâce à sa liaison avec La Thuile située dans le Val d’Aoste. 

Bénéficiant d’un très bon ensoleillement (du fait de son exposition plein sud côté français) et d’un excellent enneigement (du fait de versants orientés plus au nord côté italien), l’Espace San Bernardo autorise toutes les pratiques de glisse. Entre Mont-Blanc et vallées, entre pistes faciles et plus sportives, entre villages et forêts, entre espaces vierges, snowzones et héliski, entre pauses gourmandes savoyardes et valdôtaines, laissez-vous séduire par les charmes mêlés de la France et de l’Italie.  »

Sauf que La commune de Montvalezan est jalouse de sa voisine valdôtaine. La raison : l’attractivité du versant italien est «  à l’origine d’une forte évasion vers la Thuile. » Comme il y a davantage de Français qui vont en Italie que d’Italiens qui viennent en France, Montvalezan doit reverser tous les ans de l’ordre de 2M d’euros à sa voisine italienne.

Si on ajoute à cela un désir de sommet de prestige pour la commune qui prétend se rendre compte maintenant que ses pistes ne sont pas assez raides, la solution devient évidente : il faut aménager davantage ! Et quel plus bel objectif que ce mont Valezan, dont la commune porte le nom, qui avec ses 2870 mètre d’altitude (flute, on a failli atteindre les 3000 ! Pas de bol !) surplombe deux beaux vallons vierges d’équipement, l’un côté français, l’autre versant italien, susceptibles d’offrir des hors pistes de rêve sur plus de 1300 mètres de dénivelée... Il y aura un impact paysager énorme car le sommet est visible de très loin et les pentes sont très raides. La gare d’arrivée deviendra un point noir paysager supplémentaire. Des pistes devront être terrassées pour les skieurs modestes pour leur permettre de descendre dans ces pentes très raides, mais bon, ils ont bien droit au point culminant, eux-aussi. Et puis on ne va quand même pas les laisser partir en Italie...
Et les impacts sur le paysages, la faune, la flore et les zones humides, on arrivera bien à les « compenser » !

Ce discours, nos associations ne veulent plus l’entendre. Elles viennent d’écrire au préfet coordonnateur du Massif des Alpes pour lui dire leur ras le bol devant cette fuite en avant continue des stations.
L’industrie du ski alpin a déjà colonisé suffisamment d’espace : elle a de quoi jouer son rôle économique. Mais on ne peut pas tout lui sacrifier.

- Téléchargez ce courrier

Associations signataires : Club Alpin Français - CAF Moutiers Haute-Tarentaise / Centre Ornithologique Rhône-Alpes - CORA Savoie / Délégation française de la Commission internationale pour la protection des Alpes - CIPRA France / Fédération Française de Randonnée en Rhône Alpes - FFRP / Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature - FRAPNA Région / Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature - FRAPNA Savoie / Paysage de France / Mountain Wilderness France / Vivre en Tarentaise

Diffuser cet article :


Partager