Crédits photos

Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Tour de France dans l’Oisans

4 juin 2013

JPEG - 58.4 koPour commémorer son siècle avec panache, la « grande boucle » va faire effectuer deux fois à ses concurrents l’ascension de la route de l’Alpe d’Huez.
Problème : le deuxième passage ne peut s’envisager que si l’on fait passer les coureurs par le col de Sarenne, porte d’entrée de la magnifique vallée du Ferrand, dans un site à la fois beau et riche en milieux fragiles.

L’alerte a été lancée par un cycliste passionné, Matthieu Stelvio.
MW et la Frapna l’ont entendu et ont engagé les discussions avec les services de l’État concernés (en savoir plus). Ces échanges se sont poursuivis et nous avons récemment obtenu un certain nombre d’assurances : le préfet veut lui aussi limiter au maximum les impacts sur l’environnement. Ainsi, l’arrêté d’autorisation de la manifestation sportive (dont on attend le texte sous peu) prévoit la fermeture de la route du col de Sarenne à toute circulation dès l’avant veille de la course. Les gendarmes se chargeront de faire partir tout véhicule (voiture, camping car) et tout campeur qui se trouverait dans le secteur. La caravane publicitaire ne passera pas par cette route, comme tous les véhicules qui ne sont pas directement nécessaire à l’assistance des coureurs. Il nous a également été dit que les organisateurs avaient contractualisé avec une association pour ramasser les déchets laissés dans la nature à chaque passage de la course (ce qui n’est pas du luxe ! lire ici).

En revanche, les travaux de mise en état de la route ont recommencé le lundi 13 mai, sans que l’on sache bien quelle sera leur nature, si ce n’est qu’ils coûteront au moins 500 000 €. Il y a un an, les deux communes d’Huez et de Clavans donnaient pourtant à la Direction départementale des territoires l’assurance qu’il n’y aurait pas de travaux de route... Les gués ont été aménagés, ce qui semble à la fois nécessaire et sans trop de conséquences. Cependant, interrogés par plusieurs journalistes, les élus locaux parlent également d’aménager les virages. Il nous faudra donc continuer à être vigilants : cette petite route de montagne, fermée l’hiver et soumise aux chutes de blocs, ne doit pas devenir une autoroute, ni même une départementale. Ce serait la porte ouverte à une augmentation de la fréquentation automobile que les milieux qu’elles traversent ne pourront supporter. Et ce serait probablement la première phase de travaux plus importants, ne serait-ce que pour assurer la sécurité des visiteurs qui se feraient toujours plus nombreux.

Par ailleurs, afin là encore de minimiser les dégâts fait à la nature, nous avons proposé à la DDT [1] une matérialisation des zones humides pour éviter le piétinement par les spectateurs le jour de l’épreuve
A suivre...

On ne peut cependant que regretter que les organisateurs et les communes concernées n’aient pas été ouverts à la concertation. Si les services de l’État avaient disposé d’un descriptif global et exhaustif des aménagements et opérations prévus pour cette étape du Tour de France, la question aurait pu être gérée mieux, plus tôt et avec plus d’efficacité, et aurait permis de rassurer tout le monde. Rappelons quand même que la pétition lancée par Matthieu Stelvio a recueillie plus de 11000 signatures, et que le problème a été soulevé dans de nombreux titres de la presse nationale. L’image du tour gagnerait énormément à moins d’opacité...

[1Directions départementales des territoires

Diffuser cet article :


Partager