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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Tour de France : l’affaire du col de Sarenne

27 févr. 2013

JPEG - 26.5 koA 1969 m d’altitude, le col de Sarenne sépare la station de l’Alpe d’Huez de la vallée du Ferrand. Il est franchi par une petite route de montagne, ouverte uniquement en été, à l’entrée de laquelle un panneau indique : « Route pastorale du col de Sarenne : nombreux passages à gué, circulation aux risques et périls des usagers et sous leur propre responsabilité, absence de dispositif de retenue, circulation interdite aux véhicules de plus de 3,5 t et aux transports en commun, vitesse limitée à 20 km/h. » Ces quelques kilomètres vous font passer du béton de la station à la magnificence des paysages de l’Oisans, beaux au point que nous avions demandé et obtenu que l’État se penche sur l’opportunité de classer au titre de la loi sur les sites le vallon du Ferrand.

La 18e étape du tour de France 2013, entre Gap et l’Alpe d’Huez, prévoit, et c’est une première, deux ascensions des fameux 21 lacets menant à la station où sera jugée l’arrivée. Or, pour grimper deux fois l’Alpe d’Huez, il faut en redescendre ! Le parcours prévoit donc le retour des coureurs dans la vallée par la petite route pastorale du col de Sarenne.
Et fait donc craindre une débauche de « mises aux normes » pour que cette petite route puisse permettre le passage des vélos. « Tenant compte de l’étroitesse de la chaussée, de son état, des éboulements récurrents, de la sinuosité de la descente, de la raideur de la pente, nous pouvons aisément imaginer que si vous tenez à ne pas envoyer trop de coureurs à l’hôpital, l’ampleur des travaux (purge, goudronnage, aménagement des virages) sera importante. Ce n’est pas un hasard si, à ce jour, le Tour de France est passé 27 fois à l’Alpe d’Huez et zéro fois à Sarenne. » écrit à juste titre Matthieu Stelvio sur le site du NouvelObs.
Une pétition a été lancée pour éviter ces débordements.

De son côté, Mountain Wilderness a saisi la Direction départementale des territoires de l’Isère de la question, et réclamé que si le passage devait avoir lieu (n’oublions pas que l’ordre du jour en matière de prise en compte d’impact sur l’environnement c’est ÉVITER/réduire/compenser), qu’a minima un strict cadrage soit fait pour limiter les dégâts : nous avons demandé entre autre que les véhicules de la « caravane » ne soient pas autorisés à emprunter cette route, qu’aucun élargissement ne soit fait, que l’accès soit interdit aux véhicules des spectateurs, en particuliers aux camping cars, les zones de stationnement étant quasiment inexistantes (et les risques de chutes de pierres importants). En somme qu’on ne fasse pas de cette route une autoroute ! La traversée des villages de la vallée du Ferrand serait d’ailleurs également un vrai problème pour ces véhicules.

Une fois de plus, on peut craindre que la montagne soit fortement modifiée pour le seul motif de la publicité et de l’appât du gain !

- Signez la pétition

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