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© Gonzalo Ossa

Transit routier en montagne : ce monde n’est plus possible !

9 juin 2005


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photos MW-France

Lire aussi :
-* fermeture du Fréjus
-* marée noire au Mt-Blanc

Ce sont environ 1000 personnes qui se sont réunies dans l’urgence mercredi 8 juin 2005 au rond-point de la vigie à Chamonix à l’appel de l’[ARSMB->http://arsmb.com>ARSMB pour protester contre la politique irresponsable des transports qui nous a conduits à un nouveau drame humain et à une catastrophe environnementale de premier ordre au massif du Mont-Blanc.

Mêmes causes, mêmes effets...
L’émotion est grande à Chamonix comme dans tous les couloirs à camions, de voir se produire la situation inverse de celle que les vallées de l’Arve et de la Maurienne ont connu récemment.
Ainsi, la carence de courage des responsables politiques français et italiens a montré son absurdité destructrice : 2 chauffeurs sacrifiés, et une vallée du Mont-Blanc soumise à une pression pouvant aller jusqu’à 240 camions par heure. En effet, l’aire de régulation était bien remplie mercredi en début d’après-midi avant la manifestation, et le trafic très dense sur la route blanche. La belle saison qui approche ne fera que renforcer les nuisances, la demande en transport étant plus forte et la pollution des autos s’ajoutant à celle des camions.
Osera-t-on nous redire que la probabilité de collision quand 2 véhicules se croisent est infinitésimale, osera-t-on encore laisser croire que l’embrasement d’un camion accidenté est rare ? Osera-t-on répéter que les systèmes de sécurité et de surveillance sont au point ? A l’heure où s’établit plus clairement la relation entre l’exposition aux polluants et certaines maladies, va-t-on continuer à asphyxier les derniers poumons de notre territoire ?

Le trafic bientôt complètemement paralysé ?
Dans la journée de lundi 6, un poids lourd s’est couché dans le premier virage à la sortie du tunnel, et un autre a pris feu dans la montée ; il est tout à fait évident que la situation est explosive et il est maintenant devenu possible que les deux axes transalpins soient durablement fermés. Dans ce contexte, il est très inquiétant de voir les autorités continuer à faire l’autruche et accepter de faire courir à tous le risque d’un nouveau carnage et d’une nouvelle concentration de camions, cette fois à Vintimille, ce qui nous ramènerait aux parcours d’avant 1965, mais avec le trafic d’aujourd’hui ! Là encore, l’immobilisme des gouvernements successifs nous met tous au pied du mur.

Conscience commune
Spontanément et dans la logique d’un travail associatif commencé il y a plus de 10 ans, militants et sympathisants de nombreuses associations (dont MW) se sont retrouvés au coude à coude pour fermer la circulation avec la conviction renforcée que notre action commune au Mont-Blanc est déterminante, qu’elle l’est d’autant plus qu’elle s’est montrée solidaire à travers les régions et les frontières. Toutes les prises de paroles ont insisté sur ce point clé : le transit routier est un fléau pour tous, la solidarité s’exprime entre massifs, entre montagnes et vallées et des solutions globales doivent se mettre en place partout.
Quelques hommes politiques et médias peu scrupuleux à l’époque où le Mont-Blanc était fermé avait cru bon de culpabiliser la vallée de Chamonix en l’accusant de vouloir concentrer le trafic sur le Fréjus, en Maurienne : les voilà rattrapés par la réalité et forcés de constater que notre lutte au Mont-Blanc rassemble les adversaires du désastre routier de tous les horizons et est le symbole d’un espoir qu’il devient urgent de concrétiser. En particulier, nous serons vigilants sur les poussées vers les cols alpins durant les périodes d’été ; il n’est pas question de donner caution à un quelconque sytème de délestage qui une fois encore fera reculer les décisions nécessaires pour taxer le transport routier et utiliser le rail.

Quatre heures révélatrices
Dans ce contexte où le transit routier nord/sud mais aussi est/ouest via les Alpes menace de s’emballer, les quelques heures d’arrêt du trafic que nous avons pu obtenir ont montré que les gouvernements sont maintenant le dos au mur, pris entre une conscience grandissante dans l’opinion de la nécessité de sortir de ce mode de transport destructeur et un flux qui ne fait qu’augmenter. Face à tout ça, les autorités ne disposent que de quelques mesures techniques à la marge pour tenter de contingenter ou contrôler les camions - quant à la réaction qui consiste à faire donner la force de 4 cars de gendarmes mobiles contre des manifestants pacifiques, elle ne fait que parachever le ridicule des responsables politiques et mettre en évidence leur mauvaise volonté pour mettre en place des solutions alternatives, en commençant par utiliser les structures existantes.
C’est pourtant connu et maintes fois éprouvé : nous sommes pacifiques mais déterminés : la violence des gardes mobiles ne fait que nous renforcer dans ces deux directions !
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