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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Un 14 Avril dans le Vallon du Clou

4 juin 2013

Par Nicolas Masson, administrateur de MW référent "Mobilisation"JPEG - 48.4 ko
"Il vaut mieux manifester et qu’il ne se passe rien que ne pas manifester et prendre le risque qu’il se passe quelque-chose." (Slogan de Shadok Wilderness)

Le décret de classement du vallon du Clou a été signé le 25 mars dernier. Mountain Wilderness a donc annulé la "randonnée pour la protection du Vallon du Clou" programmée pour le 14 avril, qui n’avait plus d’objet.

Pour autant, l’annulation du rassemblement ne nous faisant pas renoncer à notre envie de découvrir ou de redécouvrir ce coin dorénavant protégé de Tarentaise, nous étions une dizaine, quelques administrateurs de MW accompagnés de leurs amis, à randonner à skis dans le Vallon du Clou ce 14 avril.

Sandrine, Lionel et moi avons pris la direction de la pointe d’Archeboc (3272m). Patrick et ses amis sont allés au col du Rocher Blanc (2833m).

Vers midi, Lionel est arrivé au sommet, je suis encore 100m plus bas, et Sandrine a jeté l’éponge au pied de la dernière pente.

Nous sommes survolés à basse altitude par un hélicoptère jaune ; il atterrit presque au sommet et dépose sous notre nez cinq skieurs. Ils entament rapidement la descente, puis basculent dans le versant nord, vers le vallon de Mercuel.

Compte tenu de la topographie de la crête frontalière à cet endroit, il est évident que la dépose s’est déroulée (à quelques mètres près) en France.

Faut-il rappeler la loi ?

"Dans les zones de montagne, les déposes de passagers à des fins de loisirs par aéronefs sont interdites, sauf sur les aérodromes dont la liste est fixée par l’autorité administrative." (code de l’Environnement article L 363-1)

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© Nicolas MASSON

Nous avons été témoins d’une dépose illégale

Du coté italien, dans le Val d’Aoste, l’héliski est autorisé. Du sommet de l’Archeboc nous avons vu les nombreuses traces de déposes sur les sommets du Val Grisenche.

MW sait bien que ce type de dépose n’est pas rare, d’autant plus que si la "dépose des passagers" est interdite en France, leur reprise ne l’est pas. Ainsi avec des déposes sur la crête frontalière et des reprises au pied du versant français, on pratique l’héliski en France, dans des espaces protégés. Et les stations de ski ne manquent pas de faire la promotion de cette pratique comme argument touristique.

Cet hélicoptère jaune nous l’avons vu plusieurs fois au cours de la matinée passer au dessus du Vallon du Clou. De quelle station prestigieuse de Haute Tarentaise venait-il ? Où allait-il déposer ses clients ? "Sur la crête frontalière", en Italie, ou en France ?

Alors : « protégé », le Vallon du Clou ? - Oui, mais de quoi exactement ?

Cette "rencontre au sommet" nous rappelle que les nuisances dont les espaces naturels de montagne doivent être protégés sont multiples, et tenaces.
Avec le classement du site, il n’y aura sans doute pas de remontées mécaniques dans le Vallon du Clou. Mais les déposes peuvent continuer.

"[...] il faut interdire d’une part l’utilisation des moyens aériens pour déposer touristes et skieurs en altitude, d’autre part la construction de nouvelles installations de remontées mécaniques qui rejoignent des sommets, des glaciers, des cols, pour relier des vallées[...]"

C’était déjà dans les thèses de Biella en 1987.
C’était encore dans le Vallon du Clou en 2013...

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