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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Un accès routier au Plateau de Bure ?

4 mai 2005

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Et non, ça n’est pas un poisson d’avril, mais bien le triste projet porté par l’IRAM —Institut de radioastronomie millimétrique—, qui souhaite ainsi se faciliter l’accès à son observatoire du pic de Bure. Un projet pharaonique (il suffit de voir les profils de piste de l’étude de faisabilité détaillée) à l’usage de quelques scientifiques qui, pour la grande majorité d’entre eux, effectuent actuellement le trajet d’abord en 4x4 ou en chenillettes à travers le domaine skiable de Super Dévoluy jusqu’au pied du col de la Fenêtre, puis à pied, sans que cela ne semble leur poser de gros problèmes. Ils ont pourtant le choix de l’hélico...

C’est à leur hiérarchie que cela en pose, des problèmes... Il faut dire que l’avenir de l’IRAM est tout sauf assuré ; le contrat qui lie les différents partenaires de cet organisme se termine en 2009, et en 2014, un énorme projet concurrent verra le jour, piloté par les Etats Unis. Ces gros investissements sur l’accès à l’observatoire de Bure seraient-ils une manière de mettre le pied dans la porte ? « Regardez ce qu’on vient d’investir, vous ne pouvez pas fermer le centre ! » L’IRAM veut aller vite, il a d’ailleurs demandé au CNRS d’avoir l’entière gestion du dossier, c’est à dire la maîtrise d’œuvre du projet. Les principaux avantages mis en avant par l’IRAM pour obtenir cette délégation : « un gain de temps dans les délais procédurier » et la « simplification de l’étude d’impact sur l’environnement ». On peut lire en effet dans le compte rendu du Comité d’entreprise de l’IRAM de fin février 2005, affiché dans le hall d’entrée de l’institut, que « dans le cas d’un accord [du CNRS pour donner la gestion à l’IRAM>, l’IRAM agirait au titre d’une société privée, pour lesquelles les procédures administratives sont plus simples que pour les organismes d’Etat comme le CNRS. »

Car le gros problème, c’est la richesse environnemental du secteur. Edouard Chas, le biologiste renommé, l’a bien montré lors de sa conférence sur les sites menacés des Hautes-Alpes donnée à Gap en début d’année lors des manifestations contre les loisirs motorisés.
Et outre l’énorme impact des terrassement, c’est aussi la horde de 4x4, quads, motos qui s’engouffreront sur le plateau grâce à cet accès qu’il faut craindre. On sait bien ce que vaut une barrière interdisant l’accès à une piste. Les témoignages régulièrement rapportés dans notre rubrique « Silence ! » en sont la preuve.

Mountain Wilderness, et c’est sans nul doute le cas également de la Société alpine de protection de la nature, est complètement opposé à la réalisation de cette route. Nous avons déjà, obtenu le soutien de René Desmaison, figure mythique de l’alpinisme, dont le nom restera à jamais attaché à celui du pic de Bure. Une réunion publique d’information se concocte dans le Dévoluy, grâce à nos infatigables amis Eric et Isabelle. Lionel Daudet, notre garant habitant les Hautes-Alpes, sera de la partie.
Mais d’ores et déjà, le 18 avril dernier, le conseil municipal d’Agnières en Dévoluy, commune sur laquelle se trouve la quasi totalité du tracé de la piste, a émis un avis défavorable sur le projet de l’IRAM.
A suivre ...

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Photo Aurélien Dautrey

Une idée des dégâts potentiels ? Jetez un oeil sur les profils de piste au niveau de la montée au col de la Fenêtre !
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