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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Un Piolet d’Or très "wilderness"

13 févr. 2006

Lors du Piolet d’or 2005, Leslie Fucsko affirmait en début de soirée que « l’esprit du Piolet d’Or est en mouvement avec la progression de l’alpinisme ». Avec un an de décalage, ceci s’avère bien vrai.

Afin de récompenser la meilleure ascension dans le domaine de l’alpinisme de haut niveau, mais surtout pour se retrouver autour des grandes figures actuelles, Montagnes Magazine et le Groupe de Haute Montagne organisent tous les ans une grande soirée pour la remise du Piolet d’or. Grenoble est partenaire depuis quelques années et nous pouvons donc regarder de près ce qui s’y passe. L’an dernier, la récompense avait été attribuée à un véritable assaut de la face nord du Jannu ayant permis l’ouverture de la première voie directe. Avec d’autres, nous avions protesté argumentant du peu d’exemplarité que contenait cet exploit : aucune prise en compte de l’environnement, expédition lourde et menée avec une à « stratégie guerrière ».

Sans en rester là, nous demandions à pouvoir siéger dans le Jury afin d’y apporter une dimension de respect de la montagne indispensable à l’heure actuelle. Demande acceptée. Silvio Karo de Mountain Wilderness Slovénie siégeait à cette édition 2006 du Piolet d’or.

Au-delà, nous avons été très heureux de voir que toutes les réalisations étaient cette année de style alpin, qu’il était fait quasiment à chaque fois mention d’escalade sans pitons et de déséquipement de la voie une fois gravie. Une belle évolution donc dans ce qui représente les orientations de l’alpinisme à son plus haut niveau.

Ce vendredi 10 février 2006, c’est Steve House et Vince Anderson qui ont emporté le Piolet d’or avec, en prime, le Prix du public, pour leur ascension du Nanga Parbat (ouverture du pilier central du versant Rupal, Pakistan).

Et tous, lorsqu’on leur demande ce qu’il considèrent être le futur de l’alpinisme, ont parlé de style alpin, d’ouverture, d’échanges avec les populations locales, de voyage, etc. Et pour finir de nous ravir, l’alpiniste britannique président de la cérémonie, Stephen Venables, a précisé qu’à ses yeux, « l’ascension idéale ne laisse pas de traces ».

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