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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Vers une transition du tourisme en montagne

20 avr. 2017

Partout dans nos montagnes, on constate que le tourisme basé quasi exclusivement sur l’industrie de la neige s’écarte chaque jour un peu plus de ses objectifs de départ.
Parmi eux, trônait celui portant le noble projet social d’offrir une expérience de la montagne aux populations des classes populaires (ce fut le cas par exemple à Courchevel). Aujourd’hui, dans ces stations réservées aux classes aisées et aux niches de touristes étrangers fortunés, ne subsistent de ce rêve fondateur que les impacts démesurés sur l’environnement et un cloisonnement grandissant.

Au-delà de la profonde perte de sens, on note que le système des stations s’enferme peu à peu dans un marché touristique hors-sol.
Face aux changements climatiques, pour maintenir le système en place, les stations se lancent dans une fuite en avant pour pallier au manque de neige, avec pour conséquence toujours plus d’aménagements, de canons à neige, de « disneylandisation » des montagnes… Une impasse à la fois environnementale et financière pour les territoires montagnards, mais aussi une négation de la richesse fondamentale de la relation des hommes à la nature montagnarde. Pourtant les aspirations de celles et ceux qui viennent en montagne sont fortes : recherche de sens, d’équilibre et d’épanouissement. Loin d’une seule consommation de glisse, c’est une quête d’authenticité, de beauté, de liberté que nous venons chercher. La montagne est un extraordinaire champ d’expérience de vie.

Parallèlement à cette quête de sens, on observe une disponibilité nouvelle de l’ensemble des acteurs de la montagne.
Face à l’enfermement dans l’ancien modèle, ils sont de plus en plus nombreux celles et ceux qui s’engagent dans une autre approche, expérimentent et inventent le modèle touristique de demain. Se pose alors la question du rôle de Mountain Wilderness face à cette mouvance d’innovation, encore diffuse.

Le simple fait de limiter la casse n’est aujourd’hui plus suffisant et satisfaisant. Cherchons à aller au-delà, en amenant notre association non seulement à dénoncer et empêcher cette destruction de nos montagnes, mais également à proposer concrètement une autre voie. Repensons tous ensemble, collectivement, ce tourisme. Redonnons-lui ses titres de noblesse, en l’enracinant dans la vie des vallées, en s’appuyant sur les savoirs-faire des femmes et hommes de ces territoires, en soutenant l’économie et la vie culturelle locales, en valorisant la vraie richesse de la montagne. Sachons dire non à toujours plus d’aménagements et portons l’énergie humaine existante. Car on ne part pas de rien : cet autre tourisme existe déjà, éparpillé un peu partout, en îlots isolés dont on n’entend pas parler. Il ne fait pas de bruit ce tourisme doux mais il représente pourtant 6,2 milliards sur les 11 produits chaque année en montagne … soit plus de la moitié.

Mountain Wilderness, de par sa position de point de repère dans le paysage des acteurs de la montagne, a un rôle crucial à jouer
Notre association est un formidable outil pour faire entendre la voix de cette multitude qui expérimente, s’engage et agit pour une montagne vivante. Mountain Wilderness se donne à cœur de rassembler ces innombrables énergies créatrices pour relever le défi de mettre la Montagne Debout ; d’encourager chacun, individuellement et collectivement, à reprendre confiance en sa capacité à faire vivre la montagne dans toute sa richesse naturelle et humaine.

RETROUVEZ LE MONTAGE VIDÉO DU DISCOURS DU PRÉSIDENT LORS DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 2 AVRIL 2017

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