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Mountain Wilderness France : "Au travail !"

Carlo Alberto Pinelli, garant international et coordinateur international
Mountain Wilderness - Congrès d’Evian - Novembre 1988

Je dirai seulement deux mots, parce que malheureusement mon français est très très pauvre, trop pauvre pour cette occasion. Mais j’aime ajouter ici que le peu de français que je connais je ne l’ai pas étudié à l’école ; je l’étudie sur les livres de Samivel, d’Herzog, de Rébuffat, de Terray : des auteurs de montagne français.

Je veux simplement dire que je suis très content très heureux et très honoré de me trouver ici, le jour où les alpinistes français présentent au public leur section nationale de Mountain Wilderness, créée pour défendre sérieusement l’environnement de la montagne ; ou mieux le droit de tous les hommes (qui en éprouvent vraiment la nécessité intérieure) de vivre un rapport direct, créatif, primaire avec une nature sauvage. De voir émerger dans le miroir de cette nature incontaminée, leur visage le plus vrai et le plus inconnu.

On dit que Mountain Wilderness est une association extrémiste. Je suis d’accord mais seulement dans le sens que nous sommes conscients que la situation de la Wilderness des montagnes est réellement grave - que les montagnes sont dans un danger mortel de désignification - et donc nous n’avons pas peur de déclarer que à mal extrême il faut quelque fois opposer des remèdes extrêmes. Mountain Wilderness doit devenir l’association des gens de montagne qui n’ont pas peur de regarder la réalité en face, et qui considèrent la qualité de l’expérience comme un besoin primaire et pas seulement comme un esthétisme superflux ou secondaire.

Ce n’est pas un chemin facile que celui que nous avons choisi, dans une société consumériste, orientée vers la quantité et la banalisation plutôt que vers la qualité et la valeur de l’effort.

Mais je crois que seul ce chemin peut nous porter quelque part, peut préserver pour nous et pour les générations futures le sens irremplaçable des espaces libres de l’aventure intérieure, de la recherche d’une authenticité vitale.

Je vous souhaite chers amis, un bon travail et je vous assure que je vous écouterai avec beaucoup d’attention, sûr que Mountain Wilderness sortira de cette journée très enrichie. Je vous exhorte - si je peux sans aucune présomption utiliser ce mot présomptueux - à continuer d’être ici des alpinistes. Ce qui veut dire d’être courageux, créatifs et aussi un peu visionnaires.