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"Mountain Wilderness - Naissance d’un mouvement"

 

Bernard AMY, garant international
Mountain Wilderness - Congrès d’Evian - Novembre 1988

Mountain Wilderness a été créé à Biella, en Italie, le 1er novembre 1987 dans un grand élan d’enthousiasme et de belles intentions. Mais au soir de cette journée pour beaucoup mémorable, tout ou presque restait à faire. Le mouvement existait en Italie : il fallait l’y structurer. Quant au reste du monde, il connaissait à peine le nom même du mouvement. Dans chaque pays rien n’était encore en place.

C’est autour des trois "garants internationaux" désignés par l’assemblée de Biella, et de quelques autres français présents que Mountain Wilderness s’est organisé en France. François Labande a accepté de prendre en charge le secrétariat général, et avec une petite équipe savoyarde s’est lancé dans la création d’une section française.

Cette section a d’abord fait en sorte que des alpinistes français participent aux actions organisées dès le printemps 88 par les Italiens. Mais il est aussi apparu nécessaire de concrétiser la naissance de l’association française Mountain Wilderness, officiellement déclarée le 17 septembre 1988, et de la faire connaître à l’aide d’une manifestation nationale. Ainsi est apparue l’idée d’un congrès Mountain Wilderness, organisé à Evian avec la participation de quelques alpinistes français connus, et occasion d’une présentation du mouvement à la presse française et suisse romande.

Ce congrès a eu lieu le 22 octobre 1988, marquant ainsi une année d’efforts faits pour que soient tenus véritablement les engagements pris à Biella. Il a permis de nombreuses rencontres et pour beaucoup la prise de conscience de l’existence même du mouvement. Grâce aux journaux et aux magazines de montagne, il a été l’occasion de dire ce qu’est Mountain Wilderness et quelles sont ses intentions. Sept commissions ont travaillé pendant une demi-journée. Tous les problèmes n’ont certes pas été résolus. Au moins ont-ils été posés, et les commissions créées pour continuer à fonctionner.

Le plus important est que des alpinistes français aient pris, à titre individuel, l’initiative de se rassembler, de poser à nouveau les problèmes de la défense de la montagne, et surtout de tenter d’en discuter dans un état d’esprit de tolérance, de concertation et de compréhension du milieu montagnard dans son ensemble. On peut regretter que certaines régions alpines telles que la Vallée de Chamonix n’aient pas été mieux représentées. On peut regretter que certains aient vu d’emblée dans le mouvement un ennemi de plus. Mais la volonté de dialogue a été assez claire, semble-t-il, pour que celui-ci finisse par s’établir.

Quand on aime passionnément un milieu et les activités que l’on y pratique, que celles-ci soient de loisir ou professionnelles, la tolérance

 

n’est pas toujours facile. Puisse-t-elle pourtant présider à tous les débats et actions futurs que suscitera Mountain Wilderness. J’ai déjà dit que le territoire est aujourd’hui devenu étroit : il faudra savoir se le partager._