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"Pour un tourisme montagnard de qualité"

Jean-Claude Charry, directeur du Service d’Etude et d’Aménagement Touristique de la Montagne
Mountain Wilderness - Congrès d’Evian - Novembre 1988

Vous m’excuserez, je n’ai rien préparé ; je ne pensais pas à avoir à intervenir. Je vais m’appuyer sur ce qui a été dit par mes deux talentueux prédécesseurs (J.-C. Charry parlait à la suite de L. Chabason et d’A. Waechter, NDLR).

Tout d’abord, la référence à l’Autriche et à ce qui se passe en Autriche. Je rappelle simplement que le développement touristique de l’Autriche s’est opéré sur un pays encore peuplé et très peuplé, avec des capitaux propres aux vallées pour une bonne part, et avec une aide massive qui s’est appliquée à ces vallées, mais une aide massive désintéressée qui n’était pas tenue en rentabilité : il s’agit du plan Marshall.

Le développement des stations de sports d’hiver françaises s’est nécessairement fait pour des raisons un peu propres à notre pays, des raisons tribales, foncières, dans des zones d’altitude non peuplées, avec un afflux de capitaux intéressés en rentabilité. C’est le premier point que je voulais souligner.

Un deuxième aspect : vous avez parlé d’un tourisme destiné à des gens intelligents. Je pense que les producteurs de tourisme montagnard doivent évoluer vers une deuxième étape qui est l’accueil. Vous avec parlé de la dimension culturelle de la montagne, ses paysages, ses sites. Je pense que notre parc de stations de sports d’hiver et de stations d’alpinisme dont maintenant produire de l’accueil humain, de l’accueil culturel à base d’investissement des montagnards eux-mêmes.

Quant au partage de l’espace entre terres d’aventures, terres où on peut de perdre et toiles d’araignées des stations de sports d’hiver, je pense qu’il est effectivement d’intérêt national d’arrêter les projets qui n’offrent pas aujourd’hui la certitude de créer des emplois stables et durables, et susceptibles d’un minimum d’aléas économiques. Je pense que c’est un devoir national, autant vis à vis des collectivités de montagne, des communes dont on dit qu’elles portaient un peu tous les péchés de la situation administrative actuelle, que vis à vis des clients dont M. Waechter a appelé un petit peu au boycott des stations.

Je crois que c’est une tache d’intérêt national qu’il faut essayer de mettre en chantier, et votre mouvement naissant pourrait avoir dans ce domaine un rôle absolument pas négligeable._