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Souvenirs...

Patrick Gabarrou, garant international, président d’honneur de MW France

Automne 87. Biella. Congrès fondateur de Mountain Wilderness International. Petit déjeuner impromptu avec Haroun.

Il m’est arrivé ce matin-là quelque chose de très rare, quelque chose que je n’avais connu qu’avec mon grand-père, il y avait bien longtemps.
Au-delà de l’expérience, du vécu et de la réflexion, je ne ressentais aucune différence d’âge entre nous. J’étais en face d’un authentique "éternel gamin".
Simplicité, spontanéité, évidence du contact, ouverture toute grande des yeux sur le monde, ses splendeurs et vilenies, enthousiasme et révolte, incandescence adolescente, émerveillement neuf face à la nature et à l’univers. Haroun...

Nous étions trois ce matin-là. France, femme d’Haroun depuis près de cinquante ans, jouait de la même jeunesse du regard et de la même fraîcheur des émotions.

Deux petites touches de vie au cœur de ce Congrès, au-delà de l’histoire dite, écrite et connue, saisissent pour moi l’homme tel qu’en lui-même.

Deuxième journée vers dix heures du matin. Haroun préside le Congrès du haut de l’impressionnante estrade qui domine l’immense salle.
Soudain, je le vois qui s’agite sur son siège, se tortille comme un gamin qui attend la sonnerie de la récréation et fait, sans se soucier de personne, de grands signes de la main vers une porte qui vient de s’ouvrir là-bas, au fond. Comme un gamin qui vient d’apercevoir sa toute fraîche dulcinée et pour qui en l’instant le reste du monde s’efface. C’est que France vient de passer la porte...
Dernier jour au petit matin. Il me confie un gros souci : pourvu que le Congrès se termine assez tôt pour qu’ils aient le temps, sur le chemin du retour, de pouvoir admire le versant italien du Mont Blanc en plein jour, puis, de l’autre côté de la grande montagne, assister au coucher du soleil...

Haroun et France...